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La couleur absente de la Lorraine.

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Il ne faudrait pas se mettre de vilaine humeur pour si peu et pourtant à chaque fois que j'entends me dire arewar à la place d'au revoir quand je quitte un magasin, j'ai envie de reposer mes achats sur le comptoir en exigeant leur remboursement immédiat. L'oral nous offre bien des versions différentes du langage écrit et cela ne me dérange pas, mais arewar je ne supporte pas. L'impression qu'il ne s'agit pas d'une histoire d'accent ou de subversion du langage dominant, mais une paresse intellectuelle. D'ailleurs ce arewar ne s'avance-t-il pas l'air fatigué du fond de la gorge pour glisser négligemment vers la lèvre du bas. Un truc qui tombe. Une expression de politesse qui semble porter un autre message que celle du plaisir de vous revoir bientôt. Un mot qui bave. Celui ou celle qui vous le donne à entendre, semble traversé par des sentiments plus complexes que les simples règles de la politesse. L’inconscient qui met des freins ou pire des glaires dans le ton. Arewar comme l'on aimerait dire va te faire foutre. Alors, je me plais à attendre le moment du bonne journée devenu tout aussi obligatoire mais qui offre moins de prise à l'interprétation. Je sais bien que celui qui me l'offre, ce fiche éperdument du déroulement de ma journée, alors je réponds un à vouzossi, bien articulé, en appuyant sur la liaison entre le vous et le aussi. Dans la traversée du quotidien, on a tous ses petites batailles  !