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L'obstination du bleu Klein.

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Les supplétifs, on les appelait ainsi les harkis ou encore les Rona (rapatrié d'origine nord africaine). Ce n'était plus des simples français. Ils avaient servi le gouvernement de l'époque et on en laissa plus de 150 000 entre les mains du FLN. Supplétif, celui qui complète, que l'on met à la place de. Il n'était pas des frères, même pas des amis algériens. Seulement, des bras que l'on arme quand c'est nécessaire - pour suppléer - et que l'on désarme dès qu'il s'agit de fuir. Ceux qui furent emmenés perdirent leur nationalité française le temps d'une traversée en bateau et se retrouvèrent isolés et abandonnés dans des campements à Rivesaltes ou dans le Larzac. Sur France Culture un fils de harki raconte comment il a vu, dans un camp, un de ces expatriés obliger ses enfants à participer aux levées des couleurs tous les matins, le drapeau était une serviette, puis un jour il les tua tous à la chevrotine ainsi que leur mère. Pierre Joxe connait-il cette histoire ? Lui qui en 1961 comme Ministre d'Etat aux Affaires algériennes défendit à des officiers d'honneur de rapatrier les soldats algériens qui s'étaient battus à leurs côtés. Il prétendait alors que la France s'en occuperait bien et qu'il était impensable de les abandonner. L'impensable n'empêche pas l'horreur. Mais se lavent-t-ils seulement la bouche ceux qui osent ainsi avec les mots mettre un paravent entre le peuple et la vérité, entre l'histoire et leurs lâchetés ?  
La fabrique de l'histoire - france culture.