[le site de Fabienne Swiatly ]

Le fond d'écran de l’ordinateur qui aspire.

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C'est l'été. Ce qui est peut donc avoir été. Période estivale plus que saison, l'été impose son rythme. On ne peut y échapper ou difficilement. Si soi-même, l'on ne se met pas en vacances, ce sont les autres qui le sont. Il faut se tenir très loin des offices de tourisme, des terrasses de bistrot, des festivals pour continuer à garder le rythme de l'écriture. L'été, une période de contradictions où le touriste gémit si le ciel ne lui offre pas le soleil mérité et l'agriculteur se plaint du manque d'eau pour ses plantations. Les enfants oublient l'école qui n'a toujours pas réussi à être un lieu du plaisir d'apprendre, mais parfois une légère angoisse sourd en eux quand le calendrier bascule déjà de juillet à août. Certains enfants ne quitteront pas le terrain de jeu de leur quartier alors que la culture se consomme en masse dans quelques villes du Sud de la France. Ailleurs, on ventile les vieux comme si ce n'était pas de solitude qu'ils crèvent. C'est l'été. Dans chaque village des manifestations, des animations, des excursions et des visites car l'ennemi de l'estivant, c'est l'ennui. Et pendant que des hordes de camping-cars se regroupent car leur désir d'aventure s'arrête aux portes de la nuit, les guerres se poursuivent et on lit les résumés au bord d'une piscine ou au sommet d'une montagne. Même la littérature se doit d'être facile à lire. L'été a quelque chose de décevant. Trop d'attente, certainement. Alors je relis l’Été 80 de Marguerite Duras : Qu'est-ce que c'est  encore que cette idée, l'été ? Où est-il tandis qu'il tarde ? Qu'était-il tandis qu'il était là ? De quelle couleur, de quelle chaleur, de quelle illusion, de quel faux-semblant était-il ?