[le site de Fabienne Swiatly ]

Le fond d'écran de l’ordinateur qui aspire.

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Amnéville, la ville où je suis née. La ville qui s'impose souvent dans mes textes, mes récits, mes photos. Amnéville, entre Metz et Thionville, la ville qui partage le territoire avec Uckhange, Silvange, Hayange, Talange, Hagondange ... Les patelins en ange comme dans la chanson de Lavilliers. Amnéville qui partage aussi son territoire avec Arcelor Mittal, Unimétal, Usinor et des sources thermales. Les cafés du bas de la ville se font rares. Ma sœur aussi a tiré les rideaux sur la brasserie du Stade pendant que dans la forêt (en haut) on peut miser au casino, transpirer dans les hammams, nager dans un bassin olympique et skier sur la plus grande piste de ski indoor. En haut du clinquant et du vite bâti, en bas la vieille ville qui étire son ennui malgré les maisons ouvrières rénovées. Jean Kiffer a été son maire pendant plus de 45 ans, un record. Il s'est fait connaitre pour ses amitiés avec Charles Pasqua, son accueil chaleureux de Jean-Marie Le Pen, sa cécité quant à l'apartheid en Afrique du Sud et sa capacité à s'approprier des terrains pour y bâtir son rêve de loisirs. Les Amnévillois lui sont grés d'avoir donner des couleurs à la ville pendant la grande crise des années 70. Il y a quelques temps, il a créé le buzz en déclarant Amnéville principauté de Stahlheim (son nom sous l'occupation allemande). Puis il est mort, seul devant sa télé, laissant Amnéville avec quelques millions d'Euros de dettes. Son adjointe découvre la catastrophe après quinze années de présence (on n'ose pas dire de participation) au Conseil municipal. Tous les deux ou trois ans, je retourne dans la ville de mon enfance et je prends des photos. Mon ancienne école est devenue une médiathèque, le champ de mon enfance est recouvert de maisons prétentieuses malgré les pylônes électriques qui traversent le lieu et l'omniprésence d'un grésillement inquiétant. Quand j'en ai marre de marcher, je vais boire un verre chez Dédette et finis toujours par en boire plusieurs. Les mots souvent me manquent pour décrire ce que je cherche dans cette ville. Souvent les autres au comptoir me disent : tu as su partir d'ici. Fin des années 80, j'ai voulu tourner un documentaire sur Amnéville et ce fut un échec. Je ne sais pas faire d'images. Depuis un fichier nommé Le documentaire attend que je parvienne à écrire ce que je n'ai pas su filmer. Ai-je vraiment su partir ?