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La trace bleue

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Passage de l'an à Marseille. Visiter, revisiter la ville dont j'aime que le centre soit encore celui de la mixité sociale. Certainement que le coup de balai de l'immobilier viendra vendre aux plus nantis le pittoresque d'une ville sans les nuisances, mais cela devrait demander un certain temps. En attendant ça grouille, ça bruite, ça achète, ça vend, ça jette, ça s'interpelle, ça marche,  ça déambule, ça klaxonne. Ville qui monte, descend, se resserre surs des avenues aussi étroites que des traverses, pour s'ouvrir, forcément, à un moment ou un autre sur la mer. Dans la ville, j'ai visité le cimetière Saint-Pierre, immense : 65 hectares. Balade avec ses surprises kitsch en forme de pleureuses, de baisers sur mourante, d'angéliques sourires, de regrets éternels gravés dans le marbre, le stuc, la pierre et le plastique. Les cimetières que j'aime parcourir à chaque fois que j'arrive dans un nouveau lieu. Rien de morbide. Des bouts d'histoires côte à côte. Ici l'influence italienne, arménienne, maure et de nombreuses photos avec parfois un défunt. La mort que l'on ose montrer. Dans le carré de la pinède, le plus joli, la tombe d'Antonin Artaud ou du moins celui de sa famille.. Caveau familial. Des rumeurs comme quoi, son corps serait ailleurs. Mais sur les forums, un membre de la famille confirme Artaud est bien là ou ce qu'il en reste.