[le site de Fabienne Swiatly ]

L'encre du tatouage qui bleuit avec le temps.

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Atelier d'écriture itinérant. Le groupe est amené à dormir dans deux gites ouverts récemment. Dans les deux cas, nous reconnaissons de nombreux objets et meubles Ikéa. Cela occupe la conversation et le lendemain nous ramassons plusieurs étiquettes du magasin dans l'herbe et le sable de la cour. Le commentaire de l'un des participants : nous sommes cernés ! A Lyon, la semaine d'après, sur une terrasse deux architectes, un peu ivres, s'engueulent au sujet d'Ikéa. L'un explique comment la réussite de cette marque démonte les propos du Bauhaus qui espérait en mettant le design à portée de tous, changer le monde. Les produits Ikéa sont certes bien conçus et plutôt beaux, mais ils ne nous rendent pas meilleurs ou plus intelligents. Ils font bien vivre quelques designers et proposent de l'utilitaire à prix bas. 
Ce qui est certain, c'est que ce magasin semble extrêmement bien nous connaitre et intègre rapidement nos changements de comportement. Reste à définir ce nous auxquels ils me semblent appartenir. Ils savent notre goût pour l'écologie, de l'épure et que nous avons digéré Andy Warhol, Buren et les films d'Almodovar. Ils nous ont cernés et nous sommes cernés par leurs objets. D'ailleurs leur dernier catalogue a pour titre  : Histoires de votre vie. Ikéa est devenue notre lieu commun. Est-ce bien ? Est-ce mal ? Parfois, je me pose juste la question de savoir ce que cela nous empêche de voir. Heureusement, j'ai résisté à la cuisine intégrée, mais jusqu'à quand ? photo@patrickarpino