[le site de Fabienne Swiatly ]

La trace bleue ce n'est presque jamais l'encre.

Undimanche

Dimanche. Dimanche après-midi. Sans projet particulier qui viendrait ponctuer alors on se laisse glisser dans le vaste de l'instant. Glisser dans l'absence de mouvement. Et la lecture s'installe avec naturel dans ce temps sans battements. Elle nous absorbe jusqu'à l'oubli du corps. Profondément. Ce qui se passe autour est fiction, pas le livre. Pour ce dimanche à l'heure changeante, j'ai choisi  - C'est pourtant pas la guerre de Maryline Desbiolles. Dix voix + 1 d'habitants du quartier l'Ariane à Nice. "Le carnet noir est un immeuble, toutes les paroles sont empilées, des appartements de paroles les uns sur les autres. Le carnet noir est un immeuble mal insonorisé, les paroles se chevauchent, se contaminent, se recouvrent ".

Lire tard dans l'après-midi puis se dégager tout de même des pages. Pour bidouiller un peu de son qui raconte justement cela : lire le dimanche après-midi. Avoir envie d'ajouter sa voix à celles intériorisées. Mettre en ligne une autre tentative sonore.

Traîner, feuilleter les livres en désordre sur le canapé, les meubles. Soulever la couverture d'Archipel et Nord de Claude Simon et lire à voix basse. Pas facile de mettre en bouche les phrases au rythme curieusement découpé qui ramènent au déchiré de la carte géographique, aux vues aériennes. Lire pour soi. Avoir le sentiment que ce qui a été lu aujourd'hui, aidera à écrire. Le livre qui se tiendra aussi à portée de voix, celles des ateliers menés ici à Saint-Claude. Abandonner la lecture et le désordre. Allumer l'ordinateur. Et commencer l'écriture. Il fait nuit à la fenêtre.