[le site de Fabienne Swiatly ]

Le fond d'écran de l’ordinateur qui aspire.

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Achever un texte. Moment particulier où on se dit : C'est bon. C'est fini ! L'ossature, la chair, le muscle, tout est là. Bien sûr, il y aura des retouches, mais le texte tient debout. Depuis quelques jours, j'étais confrontée à une difficulté, les derniers vers de Mère éléphante ne fonctionnaient pas. C'était mou. J'ai fini par trouver. Dans ce poème narratif où se confronte une mère malade des nerfs, expression courante dans les années 70 et une adolescente solitaire curieuse de poésie, la mécanique de fin n'était qu'un petit filet d'eau. La mère quittait le texte trop tôt. Alors, j'ai repris. J'ai imprimé les dernières pages, je me suis installée à la table de la cuisine, là où la lumière est comme une promesse de légèreté, et j'ai relu à voix haute. D'une voix neutre (surtout pas d'emphase). Puis j'ai quitté le texte plusieurs fois pour me servir un café ou passer un coup d'éponge sur l'évier. Relecture. Réécriture jusqu'à ce que je sente que tout tenait ensemble. L'autre difficulté avec ce texte était de rester à hauteur de vocabulaire d'une adolescente sans verser dans la caricature d'une langue dite jeune. Et toujours le Plaisir du texte de Roland Barthes comme garde-fou. Achevé. Mon texte est achevé et je vais l'envoyer à Maud Leroy des éditions Des Lisières qui le publiera en juin. Lâcher enfin ce texte débuté pendant ma résidence à la Maison Julien Gracq - puis laissé en jachère jusqu'à l'an dernier. Maud va le relire, souligner sûrement quelques passages bancals, et il me faudra y retourner mais, cette fois-ci, sans chercher à tout réécrire. Seulement répondre avec ou contre ce qu'elle aura souligné. J'apprécie ce moment où un autre, le premier lecteur (lecteur averti) intervient dans mon texte. Puis l'imprimerie viendra clore la possibilité de réécrire. Ensuite je passerai à la relecture finale de Jusqu'où la ville publié par Le Clos Jouve. Deux livres qui sortiront en même temps car les deux maisons vont se prêter main forte et c'est pour moi une joyeuse alliance. D'autres chantiers m'attendent déjà mais certains finiront définitivement dans le dossier d'archive que j'ai humblement intitulé : Pour la postérité.