[le site de Fabienne Swiatly ]

La trace bleue ce n'est presque jamais l'encre.

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Sous une pluie fine, j'ai marché dans les ruelles de Saint Florent-le-Vieil parce que je ne savais pas quoi faire d'autre à cette heure. Ce n'était pas l'heure du repas, pas celui du lire, pas celui de se coucher. L'énergie réveillée par la formation animée dans la journée qui met le corps en mouvement alors j’attrape un parapluie et je marche dans les ruelles, au hasard. Je marche et je ne fais rien. Ni photo, ni prise de notes, ni coup de fil, juste marcher dans les rues vides aux pavés et pierres luisantes. Les gens dedans : dedans les maisons, dedans les voitures, dedans leur parka. Lumière reposante où l'on semble vivre dans le noir, le blanc et le brun uniquement. Rien de sensationnel, même les bruits absents. La pluie glisse sur le parapluie sans faire de manière. Rien de spécial mais je sens monter en moi une bouffée de souvenirs. Souvenirs oubliés puisque eux aussi non-sensationnels : J'ai quinze ans et je marche dans les rues d'Amnéville où il pleuvait souvent. Je marche dans les rues parce que je ne sais pas quoi faire d'autre et puis je peux y fumer tranquillement puisque c'est interdit à la maison. Je fume, je marche, j'observe et je pense à rien. Rien de particulier. Et dans les rues de Saint Florent, ce qui me fait un bien fou, même si je ne fume plus, c'est de n'avoir rien de particulier à faire. Ce pourrait être de l'ennui, mais non. Après il sera l'heure de manger, d'écrire, de mettre à jour le site, de mettre, enfin, en ligne l'article sur frédéric dumond (il tient à la minuscule) de répondre aux messages du téléphone, mais là tout de suite, je ne fais rien. Absolument rien et c'est un grand bonheur.