[le site de Fabienne Swiatly ]

C'est le bleu changeant du ciel comme une fiction.

Va orange

Le quatrième numéro de Va ! sortira en mai. Revue poétique héritière du fameux Dans la lune dont Valérie Rouzeau fut la rédactrice en chef. Dans cette revue, on tente de donner des clés et de quoi nourrir ceux qui se tiennent éloignés de la poésie soit parce qu'ils sont trop jeunes pour s'y retrouver, soit parce qu'elle leur fait peur (oui c'est souvent le terme employé). Ce quatrième numéro sera d'un orange vigoureux, précis et joyeux. Grâce à Mateja Bizjak Petit​ qui m'a tendu les rênes éditoriales et Nicole Pérignon​ qui donne toute l’énergie graphique et esthétique à cette revue, je suis amenée à lire et relire de nombreux textes. Relire et découvrir des auteurs sans grille d'évaluation particulière même s'il faut garder en tête que des enfants font partie du lectorat. Souvent, le simple fait d'avoir envie de le lire à des jeunes, est un critère de sélection suffisant. Il ne s'agit pas de choisir des textes écrits spécifiquement pour les enfants, mais de sentir que ce texte peut les rencontrer. Poésie contemporaine qui creuse le présent ou donne de l'épaisseur à ce qui semble vouloir nous échapper, et s'interroger avec les enfants et les adultes, mais que peut la poésie ? Rejoindre les propos d'Antoine Emaz qui écrit dans le recueil Cuisine : Si la poésie n'est pas une machine de guerre, elle est un formidable accélérateur de conscience. Qu'est-ce que cela veut dire d'être là, maintenant, d'exister ? Et le poème ne répond pas à cette question, il l'acidifie. Malheureusement dans les manuels scolaires, elle se limite souvent au virelangue (Je profite souvent de la récréation pour ouvrir les livres et les cahiers, et je vois, et je lis, et je soupire). Pourtant par sa forme brève et sa variété de propos, par sa manière insolente de tordre la syntaxe et la grammaire, la poésie ouvre bien des portes et des fenêtres et sait se rendre disponible. On y parle de tout mais jamais n'importe comment. Et, si je déteste l'idée que les poètes forment une grande confrérie de butineurs de beauté (car nous ne sommes pas tous amis ou complices, loin de là),  je rencontre de nombreux hommes et femmes (de tous âges) qui osent lire ce qui ne se lit pas facilement. Qui osent entrouvrir la porte des classes pour un face à face qui n'est pas toujours évident, mais toujours surprenant. Quelque chose a eu lieu. Quelque chose de la vie.  http://www.danslalune.org/editions/numero-vert.html