[le site de Fabienne Swiatly ]

Le métallisé des eaux profondes, le bleu glacé des torrents.

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En attendant que Noël rejoigne les poubelles, lire ce qui vient nourrir la machine ou l'alambic. Entretien avec Guillevic menée par Jean-Yves Erhel en 1979  dans Un brin d'herbe, après tout : "Je crois que la poésie est indispensable pour le maintien de la langue. Car toute langue  est menacée de sclérose, de vieillissement, oui – de déformation et d’usure par la langue journalistique et la langue administrative. (...) J’écris au plus haut de moi-même (...) La poésie n’est pas utilitaire, utile comme un tracteur ou comme un aspirateur, non, elle est utile parce qu’elle aide à vivre, comme je pense que la  culture dans son ensemble est utile. Pour moi, accéder à la culture ce n’est pas accéder au savoir, c’est accéder au plaisir de soi-même. C’est apprendre à jouir des heures qui passent. C’est une définition  de la culture qui est peut-être un peu … subversive, mais pour moi, c’est la bonne. Un homme cultivé est quelqu’un qui sait tirer plaisir de tout. Aussi bien d’un arbre que d’un article savant ou du sourire d’un visage, n’importe quoi, vous comprenez. C’est tout passer dans l’alambic – dans le laboratoire, central, comme disait Max Jacob."