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La trace bleue

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Je me souviens de François Bon essayant de faire comprendre à son interviewer (France Culture) que le rock n'était pas de la sous culture (Je pense que le propos était plus élaboré mais c'est ce dont ce je me souviens). Quand les auteurs évoquent les musiques classiques qui accompagnent leur vie et leur travail, cela semble aller de soi. Les nez se pincent si l'on convoque la musique industrielle ou le rock, pourtant depuis quelques années on peut lire une littérature imprégnée de culture rock par ceux qui ont vécu leur adolescence avec l'énergie de cette musique et les nouveaux territoires sensoriels que cela ouvrait. J'en fais partie ; de Léo Ferré à Led Zeppelin, de Nina Hagen à Mansfiel TYA, j'ai besoin de la vigueur de cette musique pour m'aider à écrire. Comme une pile que l'on recharge. Et parfois cela influence mon écriture, même si je sépare les deux activités. Je n'écris pas en écoutant la musique ou très rarement. Je m'imprègne. Certains livres convoquent d'ailleurs cette musique comme Kaddish d'Allan Ginsberg (goûte ma bouche dans ton oreille) ou encore Charles Pennequin - il me semble. Ici, sur la photo; Sylvain Ferley guitariste de la chanteuse Buridane et également compagnon de route de la création théâtrale Annette et qui m'a souvent surpris par sa capacité à soudain amener une mélodie alors qu'on le croyait penché sur le plus grave de sa guitare et de mon texte. Et je garde en mémoire les sons et les musiques qu'il nous propose quand je poursuis en solitaire le travail de l'écriture. J'aime que cela vienne bousculer le ronronnement qui parfois s'installe à juxtaposer des mots. Comme une manière de tenir à distance, certains jours, l'héritage trop figé de la culture dite classique.