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L'obstination du bleu Klein.

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Fort dégoût pour cet univers médiatique qui nous livre le corps d'une jeune fille comme sujet improvisé mais sociétal sur plusieurs chaines de télévision, dans moult journaux, sur bien des radios. Et pour empêcher toute tentative de déstabilisation, les animateurs se drapent du droit à l'information. Non, ils ne vacillent jamais. Toujours droit devant la caméra, le micro ou l'écran. Et quand la jeune fille a bien été dépecée offrant ainsi un avantageux espace publicitaire aux grandes marques qui nous intiment d'acheter Noël, les animateurs viennent alors se pencher sur le presque cadavre d'un homme qui rêva d'être président. Ils pincent légèrement les narines de le découvrir si maladivement libidineux, mais ils gardent un ton sérieux. Il était urgent que la France et le monde entier sachent dans quelle posture cet homme aimait à jouir. Alors oui, je me sens colère. Au moins autant qu'Eva, écolière de dix ans, qui souvent pendant l'atelier d'écriture se laisse envahir par une colère qui l'empêche parfois d'écrire alors que je sens qu'elle en a envie. Elle se décrit comme une fâchée-noire. Et pour la calmer, je lui avais proposé de me montrer l'endroit de sa colère, d'en faire une boule pour la jeter au loin, lui  conseillant d'en garder un peu parce ça peut servir. La mienne de colère, je la transformerais volontiers aussi en boule, en pierre, en pavé... Oui, un pavé noir pour envoyer dans tous ces écrans, ces postes de radio, ces journaux qui font grimper l'audimat en nous vendant des petites filles mortes et des rois piteusement déchus.