[le site de Fabienne Swiatly ]

La fumée bleutée d'une Gitane ou d'une Gauloise, les cigarettes que je ne fume plus.

DSC07191

Sur le balcon de mon studio, je  bois un rosé frais - j’ai enfin acheté un frigo. Je regarde dehors pour ne pas rester dedans. J’ai appris la mort de François, un participant de mon atelier d’écriture à Saint-Claude. François qui s’étonnait que l’on trouve intéressant ses textes. Heureux d’écrire avec des San-Claudiens qu’il ne côtoyait pas forcément. François dont je ne sais pas grand-chose si ce n’est son histoire difficile avec l’alcool, son intérêt pour la poésie et l’existence d’un fils. Un fils dont je ne sais rien non plus si ce n’est sa présence dans les textes de l’atelier. François dont le cœur s’est arrêté à 44 ans.
Sur mon balcon, je convoque les souvenirs. Sa voix hésitante quand il lisait, son regard qui avait du mal à quitter l’en bas, son rire presque gêné quand il racontait une blague. Et le voilà mort.
Un extrait de texte que je retrouve dans mes archives : Bon, je traverse ce grand pont impressionnant. Cette traversée a été agréable finalement. Sami, mon chien, ne connaît pas le vertige, il se moque de moi. Je le regarde en deux fois. Je crois qu’il me sourit.

François a passé le pont. Sur mon balcon je pense à lui, les yeux dans le vague quand un sac plastique arrête mon regard. Le vent qui soudain le soulève et débute alors une chorégraphie émouvante devant mes yeux. Du surplace, des envolées… Ce sac semble vouloir s’amuser avec le vent. Puis il retourne au sol, j’ai le temps de prendre mon appareil photo et de saisir la danse d’un sac plastique sur lequel est imprimé Doner kebab. Les Kebab de Saint-Claude qui jalonnent mon texte en chantier. Puis le sac plastique quitte le cadre de la photo s’éloigne derrière les immeubles. Ceux qui meurt nous ramène au bonheur de vivre. Il s’appelait François Bailly-Maitre, son fils se prénomme Niels. @mercredi22juillet2009