[le site de Fabienne Swiatly ]

C'est une trace venue s'installer en moi pour en faire de l'écriture.

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Premier jour de mise en ligne - Le bleu n'est pas une couleur qui m'est intime. Mais cela s'est imposé ainsi, même si je me méfie du joli que le mot bleu peut laisser entendre. Le trait bleu sur la feuille, nostalgie de l'écriture à l'encre… et bien non.
Une trace bleue c'est plus violent. Comme la veine que l'on voit battre sous la peau et prendre du relief. L'appel au rasoir et c'est du rouge qui jaillit.
C'est l'ecchymose. La trace laissée par les coups sur la peau et sous la peau. La douleur (qui s'efface).
Les bleus de l'enfance parce que jouer est dangereux. Coups de pédale du vélo, murs à gravir, frères batailleurs. Parce que grandir est dangereux et les claques parties trop vite.

Le bleu absent du ciel de Lorraine et qu'il restait le bleu de la tenue de travail des ouvriers, troqué plus tard pour le bleu des Schtroumpfs, parc d'attractions qui donne des emplois aux chômeurs. Et le père qui fait «bleu » quand il oublie d'aller au boulot.
Blau en allemand qui signifie aussi être ivre.
L'obstination du bleu Klein

Fond d'écran de l'ordinateur.

Bleu métallisé des eaux profondes qui réinventent le vert.

La fumée bleutée d'une cigarette - Gitane, Gauloise, paquets bleus - les cigarettes que je ne fume plus. Mais toujours l'envie.

L'encre noire du tatouage qui bleuit avec le temps. Mon tatouage d'avant la mode. La trace, l'empreinte, la cicatrice, le souvenir, le gravé. Une histoire de peau. Dans la peau.

Bleu palpitant.

La trace bleue - pourquoi pas.


 

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Lire absolument sur le site de François Bon - sa réaction à l'article du Monde concernant la pratique des ateliers d'écriture. Article qui m'avait réjouie d'abord : enfin ils parlent des ateliers et ensuite l'agacement : encore la question de l'atelier comme lieu de formation de l'écrivain. Alors que depuis dix ans d'animation, j'ai eu rarement la question posée pendant l'atelier car il s'agit de la confrontation avec le langage et la littérature qui est proposée. Et même si certains de mes participants ont publié ensuite, cela a été possible et uniquement possible, parce qu'ils ont eu la force, la nécessité de s'attaquer au chantier d'écriture en dehors de l'atelier.

Et pour compléter la liste de phrases que François propose à la réflexion celle d'Aimé Césaire qui accompagne ma pratique des ateliers : J’ai plié la langue française à mon vouloir-dire.

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 Je regarde cette photo prise dans une classe au moment de la récréation. Elles étaient là sur les tables, bouches béantes gorgées de l'outillage classique de l'écolier de primaire (rien à voir avec l'outillage des collégiens qui existe surtout par son absence).  Mon regard a été attiré par ces bouches silencieuses  pendant que les élèves étaient en récréation. Tiens, un drôle de mot récréation, on enlève un accent et cela prend un sens nouveau : le temps de la re-création.
Et pendant que cela recrée dehors, moi, je prends en photo l'absence des élèves, puis je vais boire un café ou un verre d'eau, ça dépend des écoles. Ensuite, verre à la main,  je regarde de loin la cour où cela court justement. Cela va de l'un à l'autre. Cela s'arrête. Cela se frotte. Cela s'isole. Cela recommence. Cela se bouscule, se rejette. Cela rit, cela échange des billes ou des images.  Cela vient parfois pleurnicher auprès du maître ou de la maîtresse. C'est un drôle de lieu d'agitation la cour d'école, il existe d'ailleurs un documentaire étonnant de Claire Simon sur une cour de récréation de maternelle
Quand je regarde les enfants dans la cour, je trouve la vision globale assez proche de ce qui se passe dans ma tête quand j'écris. Beaucoup de désordre vu de l'extérieur mais qui a sa logique interne. 
Je ne parviens pas toujours à expliquer mon désordre créatif quand les lecteurs me questionnent sur ma façon d'écrire. L'image conventionnelle est celle d'un ou d'une auteure qui se lève ou se couche à l'aube après avoir écrit un long moment.  Avec ou sans alcool, avec ou sans chat, avec ou sans solitude.
Ce n'est pas mon cas, sauf pour la réécriture finale où je parviens à me concentrer longuement.  Sinon, je passe d'une activité à l'autre - je vais boire, manger, faire de la gym, chanter à voix haute, faire le ménage mais toujours avec mon texte à l'esprit. D'ailleurs le désordre ou l'agitation que j'installe autour  (à l'intérieur) de moi, doit être de mon fait, pour être bénéfique à l'écriture. Voilà pourquoi j'ai besoin à un moment donné d'être "en écriture" même si je n'écris pas forcément. Comme si j'avais besoin de faire passer le texte physiquement. Ensuite j'écris calmement pendant deux, trois heures. Puis il me faut un nouveau temps d'agitation. En fait, j'ai besoin de recréation comme les enfants  ! 
Dernière mise à jour mercredi 8 avril - lire aussi les nouvelles des ateliers, ici

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Les voix de la prison, lecture d'un extrait de Jusqu'où la ville que vous pouvez trouver ici .

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436 détenus transférés de la vieille prison Saint-Paul - Saint-Joseph vers la toute nouvelle prison de Corbas, en banlieue lyonnaise. Du beau, du propre, du sécuritaire. Je connais assez la prison pour savoir que les problèmes de l'enfermement ne se résolvent pas avec du carrelage et du presse-bouton. La vieille prison avait le mérite d'être à portée de train et de métro. Une facilité pour les familles (souvent pauvres) qui viennent parfois de très loin pour visiter un proche.  Avoir un parent en prison coûte très cher à la famille : avocat, transport, argent pour cantiner, frais de justice. Comme s'ils devaient payer également le prix du délit.

Le lendemain du transfert, j'ai pris le métro jusqu'à Perrache, j'ai traversé le tunnel et j'ai retrouvé les deux grandes masses de la prison. J'ai pris des photos. D'abord l'immeuble qui se construit juste à côté - l'immobilier va exploser maintenant que les prisonniers (après les prostituées) ont été éloignés du quartier. Et cela travaillait dur. Les drapeaux qui ornaient les deux entrées ont été rangés (renvoyant au passé le passage sur la prison de mon texte Jusqu'où la ville dont vous pouvez entendre une tentative sonore en cliquant ici).

J'ai tenté de photographier l'absence. Un monsieur m'a parlé du silence qui régnait maintenant dans le quartier. Plus de parloirs sauvages, plus de hurlements des angoissés, plus de cris de colère, plus d'appels d'une cellule à l'autre. Du silence sauf le bruit des voitures de l'autoroute et des  trains de la gare juste à côté. Un bruit moins dérangeant somme toute.

Dans la prison où je suis venue souvent, il n'y avait plus personne. Envie de garder une trace, de faire mémoire même si le lieu était une honte de notre société : saleté, surpeuplement, rats, humidité... J'espère que l'autre prison propose vraiment du mieux. Mais déjà un deuxième lit  prévu dans la cellule individuelle (au cas où). 

Donc j'ai pris en photo la rue, les murs et aussi les yoyos qui traînaient sur le mur extérieur. Ces objets bricolés pour envoyer un message, un bout de shit, des cigarettes d'une cellule à une autre. Parfois du dedans vers le dehors. J'aurais aimé prendre des photos de l'intérieur. Voir ce qui restait comme trace des détenus après ce déménagement qui a duré tout le dimanche (900 personnes mobilisées pour le transfert). Mais tout est clos et sous le contrôle d'une société de surveillance privée. La peur des squatteurs.

Les femmes rejoindront les hommes demain.

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Fureur de lire - Genève, atelier avec l'écrivain vivant. Ce que je précise à chaque fois et qui fais toujours rire les plus jeunes. Ils ont 12,13 ans. Je présente mes livres et c'est Boire qui les intrigue le plus. Parmi les huit élèves présents plusieurs revendiquent leurs origines portugaises, un est croate, une guinéenne. Petite séquence d'écriture. Ils se sentent à l'aise même celle qui écrit phonétiquement. Lecture à voix haute,  arrive le photographe du festival et voilà les fille qui se mettent du glosh sur les lèvres - elle n'ont pas encore l'âge du rouge - et les garçons de lisser leurs cheveux. Le photographe les impressionne à peine. Génération image. Mais ni lui, ni moi n'avons le droit de montrer leur visage sans autorisation.

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La musique pendant une lecture ne doit pas être un simple effet, la petite touche couleur qui soulignerait la rigueur de certains textes. La bordure fleurie du cahier de devoir. Quand c'est le cas, le texte y perd souvent de sa force, de sa nécessité. Avec Marc Lauras, violoncelliste et compositeur, la musique me permet de trouver un autre mouvement au texte, de jouer avec ce qu'il a dire. Cela exige une capacité à 'écouter le musicien tout en lisant. Une technique qui se travaille. Pour l''améliorer, je prends ponctuellement des cours de lecture et de chant. J'apprends à maîtriser mon souffle, à trouver dans le public l'énergie de ma voix, à prononcer juste, etc.  Il est dommage, que certains auteurs, à qui on demande de plus en plus souvent de lire,  ne travaillent pas leur  lecture et du coup, ils desservent leur propre texte.  Lire n'est peut-être pas leur métier, mais lorsqu'ils acceptent de se prêter à l'exercice (rémunéré le plus souvent), autant que cela se fasse dans de bonnes conditions. Dans ce sens, lire  les conseils en lecture à voix haute de François Bon sur Tierslivre.net. Des exercices qui peuvent transformer une lecture laborieuse en un heureux moment de partage. 

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Château de Chaumont sur Loire. Catherine de Médicis y a vécu, Madame de Staël aussi ainsi que le prince Henri-Amédée de Broglie. On visite la chambre du roi, de la reine, la salle de garde, la salle du conseil. Meubles d'époque, tapisserie restaurée. On s'y croirait. C'est impressionnant. Beau ? Je ne sais pas. Des artistes ont investi les lieux dont Sarkis qui s'est installé dans les combles, là où dormaient les domestiques. Peintures écaillées, restes de tapisserie, meubles poussiéreux. Dans les cuisines aussi des installations artistiques mais plus de traces des étagères, des crémaillères, des ustensiles. Comme dans nombre de châteaux, sont mis en évidence les modes de vie, les objets, les œuvres des nantis, des aristocrates. Les employés, les artisans... les petites gens qui trimaient, cuisinaient, entretenaient sont quasi inexistants dans l'histoire du lieu. Disparus. Quelques effets dans les combles et les oubliettes de l'histoire. J'avais vécu la même expérience au Havre avec une exposition sur la vie d'un grand paquebot dont j'ai oublié le nom. Des photos de voyageurs, des gros plans sur les personnes célèbres, la salle de repas, les ponts de première classe mais quasi rien sur le personnel et les marins. Pas de soutes, de salles des machines, de cuisines... Le monde du travail évacué de l'historique, de l'histoire. Il est certain qu'on prenait rarement son valet de chambre ou sa bonne en photo, mais il pourrait y avoir une forme de reconstitution ou des témoignages écrits. Ah mais que je suis sotte, je n'avais qu'à visiter un écomusée. L'éternelle histoire des classes sociales.L'oeuvre au centre de la photo est de l'artiste Sarkis

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La caboulotte 17 - Écrire alors qu'il n'y a rien à dire. Mais écrire c'est peut-être cela :  chercher ce qui ne se dit pas. Je relis cette dernière phrase et me dis : foutaise ! Un mot que j'emploie souvent en ce moment. Je le décortique : fou d'aise, se foutre d'aise, les fous se taisent ? Écrire sur les choses qui ont peu d'importance. La bagatelle. Le non-événement et honorer le rendez-vous d'une chronique tous les quinze jours sur mon site et les réseaux sociaux. Orgueil ? Sûrement. Assiduité, obstination aussi. Il fait froid dehors (- 8 la nuit), heureusement il fait bon dans ma caboulotte mais le corps a du mal à quitter la chaleur du lit. Couette épaisse, nombreux coussins et plaids. Une citadelle de tissus chauds. Je me force. Les journées sont courtes encore. D'abord un café, un peu la radio puis ma gym. Mais quelque chose résiste aujourd'hui. Tout est laborieux. Je me force. Moulinets des bras pour muscler les biceps, un peu en biais pour ne pas cogner dans le placard. Mouvements au sol sur le tapis coincé entre la table et la porte. Espace restreint. Ce matin ça ne veut pas. Mon corps regrette le lit. Gestes mécaniques. Dehors le givre, le froid et aussi le soleil. Pas envie de perdre mon temps. J'enfile sur mon pyjama à carreaux un sweet jaune moutarde, par dessus une veste de laine orange, à mes pieds des grosses chaussettes vert épinard, autour du cou une écharpe rouge et enfin mes grolles lestées de boue sèche. Tant pis pour la tenue extravagante et inhabituellement colorée, c'est avoir chaud qui compte. Et l'alouette du matin s'en fiche dédaigneusement. Elle bouffe. Je marche d'abord puis cours entre les arbres, je bois le froid et la lumière. Je prends l'air. Le givre recouvre tout. Exalte les formes. Le mot beau me vient. C'est un mot fourre-tout. S'en méfier. Dans la langue française tout est si facilement beau. Froufroutement vers le compost, un lièvre s'extrait du bac et fuit dans les fourrés. Je bois l'air, je bois le paysage. Ma vie n'a rien d'exceptionnelle et pourtant j'aime la mettre en mots. Écrire, donc, même s'il n'y a rien à dire. Être au monde et, pourquoi pas,  écrire des foutaises. 

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22 La Caboulotte - Tombe la neige. Une journée entière. Silence impressionnant des oiseaux. Une belle poudreuse qui recouvre tout le paysage. Par moment le bruit du grésil emporté par le vent. Je décide aussitôt de creuser un chemin de subsistance comme disent les encabanés canadiens. Ceux et celles qui aiment traverser l'hiver dans des cabanes rustiques en pleine forêt. Creuser un chemin vers l'eau, vers le bois, vers la voiture tant que la neige n'a pas gelée. S'organiser différemment pour éviter de tout mouiller. Emprunter une paire de bottes aux amis de la ferme du dessus. Pratiques pour marcher dans la neige mais pas facile à retirer quand on est seule. La neige. Je suis traversée par une joie enfantine et un peu d'appréhension : combien de temps ? Penser aux agricultures qui doivent lutter contre le gel. La neige, le froid me contraignent au repli même si j'ai traversé les bois et les prés en sautillant comme une gamine. M'enfonçant parfois jusqu'aux cuisses. Mes traces qui viennent se mêler à celles facilement reconnaissables du lièvre. Puis se sécher et se poser au chaud. J'ai de quoi lire et écrire. Je me suis lancée dans la lecture des carnets de Pierre Bergounioux qui est un écrivain que je connais mal. Une écriture en ombre et lumière. Mais l'ombre est parfois terriblement menaçante sans qu'il ne nomme jamais la menace. C'est là. Ses obsessions. Les insectes qu'il immortalise tout en réduisant leur vie pourtant déjà brève. Son besoin d'apprendre ou plutôt de connaître. Le lumineux d'une partie de pêche, puis l'accablement après une longue journée comme prof. Je lis avec intérêt mais mon étonnement tout de même qu'à la date du 10 mai 1981, il soit seulement noté : Mitterrand est élu. Pas un seul commentaire sur ce qui fut un événement (joyeux ou terrifiant) pour toute la France : la gauche prend le pouvoir. Troublant. Et moi qui tiens un journal quasi quotidien depuis mon installation ici, je m'interroge sur mes propres oublis. Je relis des passages. L'Ukraine, les élections, la pandémie sont bien présents, même si mes commentaires ne sont jamais très longs. Une nuit sous la double couette et déjà la neige se soumet au soleil du matin. Bavardage des oiseaux. Les toits, les rebords de fenêtres, les branches des arbres gouttent. Retour aussi  des vautours qui quadrillent scrupuleusement le territoire. Ils ont faim. Cette fois-ci j'en compte plus d'une vingtaine. Trop loin pour que je les prenne en photo de manière intéressante. Il fait un temps à marcher, ce que je vais faire tout à l'heure, appareil photo à la main, bottes aux pieds. Moi aussi j'ai faim. De lumière.

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23 La CaboulotteSept mois que je vis ici et certains moments de solitude auront laissé un peu trop de place au chagrin. Ce chagrin qui m'encombre depuis plus d'une année, même s'il s'allège avec le temps. Mais quand il s'invite à nouveau dans mes pensées, il brouille mon humeur, réveille d'autres chagrins et je ne sais pas quoi en faire. Est-il possible de désaimer ? Pas au passé en tout cas. Alors, il y a la musique et la danse. Formidable recours. Alors oui j'ai dansé dans la neige, bottes en caoutchouc au pied. J'ai dansé à poil devant le poêle. J'ai dansé engoncée dans ma parka quand le vent se faisait glaçant. J'ai dansé au bal littéraire organisé par Pandora, mais c'était ailleurs. Et j'ai dansé sur le perron en bois de la caboulotte qui me sert alors de scène. J'ai dansé sur du Marvin Gaye, James Brown, Mansfield.Tya, Konstantin Gropper, The Troggs et tant d'autres. J'ai dansé avec toute la vitalité de mes 61 ans. J'ai dansé comme une gamine qui dirait : Encore ! J'ai dansé sur du Rachid Taha qui toujours m'accompagne : Voilà, voilà que ça recommence / Partout, partout,  ils avancent. J'ai dansé sur Poutine. J'ai dansé pour l'Ukraine. J'ai dansé contre le dérèglement climatique et les élections perdues par la Gauche. J'ai dansé mon impuissance et dit merci à la vie. J'ai dansé et je danse encore en imaginant qu'un jour un danseur viendra mettre se pas dans les miens, puis j'oublie. Danser et me souvenir que depuis l'enfance et les fables de La Fontaine, j'ai toujours préféré la cigale à la fourmi. Je danse face à mes girafes comme je nomme les pins malingres de mon champ de vision. Pins dont le tronc recouvert de taches de mousse me fait penser au pelage de l'incroyable ruminante à laquelle je suis associée depuis l'âge de douze ans. Au-dessus d'1m70, les filles rejoignent le monde des girafes. Alors oui, je danse sans effaroucher les mésanges qui, au contraire, semblent se rapprocher et m'observer. Mésanges à qui je dédie ma chorégraphique sur " Ça ira, tu verras " de Séverin qui me met à chaque fois de belle humeur : Hé les oiseaux. Je ne sais toujours pas siffler mais, regardez, je sais danser !

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