[le site de Fabienne Swiatly ]

La couleur absente de la Lorraine.

DSC08840

Il est une journée où beaucoup d'entre nous ont haussé les épaules. Un geste furtif, presque léger et pourtant lourd en conséquence. Un geste bref qui permet de poursuivre sa route sans alourdir sa conscience. Un haussement d'épaules qui ferait que ce que je vois, que ce qui m'entoure ne me concerne pas. Celui, celle qui hausse les épaules est une personne qui a donné toute sa place à la peur mais qui ne veut pas en être informée. Elle se débarrasse de l'encombrant. Elle agit comme si  contourner un trou suffisait à le faire disparaitre. Il-elle ne  s’arrête pas, ne se questionne pas, n'agit pas. Il-elle contourne le danger et se trouve une excuse : Tout cela est vain. Celui, celle qui hausse les épaules pense que l'indifférence est un acte de révolte. En fait il-elle se rassure et  s'invente une armure car il-elle est consciente de sa faiblesse. Sait qu'on pourrait le lui reprocher, lui reprocher de ne pas transformer son refus en un acte revendicatif ou réellement citoyen. Alors il-elle hausse les épaules a pu dormir tard, ou encore se promener ailleurs, profiter du week-end. Et qui sait, si au fond, son haussement d'épaules n'est pas une forme d'adhésion à ce qui se passe car il-elle a perdu le courage et l'espérance. 

lien permanent

IMG 1069

Récompense. J'ai été récompensée. J'ai eu un prix... J'ai ressassé ces mots la nuit dernière. Ce n'est pas le premier prix que je reçois mais c'est la première fois que j'y pense autant. Récompensée, honorée, gratifiée ... reconnue ? Je n'ai jamais été décorée. Mon père le fût, deux fois. Une fois par Wendel Sidélor pour y avoir travaillé toute sa vie. Il n'a pas été chercher sa médaille. Il bossait à l'usine depuis l'âge de 14 ans et trouvait sûrement injurieux cette simple breloque. Je ne suis pas un chien, disait-il pensant certainement aux médailles gravées que portent les animaux domestiques pour être reconnus. A sa veste du dimanche il portait la double palme des donneurs de sang (plus de 200 dons). Sa médaille du Mérite et du Dévouement, je ne sais même pas pourquoi il l'a obtenue mais c'est moi qui l'ai récupérée après sa mort. Toutes ces questions que l'on oublie de poser aux vivants ! De mon côté j'ai obtenu plusieurs prix pour mes livres par contre je n'ai pas eu mon baccalauréat (et pourtant c'est souvent lui qu'on réclame quand je veux travailler en certains lieux). J'aime bien dire que j'ai un copain qui a refusé la Légion d'honneur. Ma mère n'a jamais voulu la médaille qui récompensait les mères de famille nombreuse, elle n'aurait pas su dire le merci qui convenait étant donné son accent allemand. Et sa famille nombreuse, elle ne l'avait pas vraiment souhaitée. Le prix Collidram qui m'a été décerné, je le dois à une centaine de collégiens et quelques professionnels, et j'en suis fière. Oui je peux le dire ainsi et je crois que mon père l'aurait été aussi. Peut-être.  

lien permanent

DSC02893

J'ai un peu négligé ce lieu d'écriture et pourtant j'aime y laisser ma trace. La trace bleue. Trop occupée ailleurs : ateliers, lectures, rencontres, résidences et tout ce qui dévore le temps libre sans donner du plaisir : comptabilité, facturations, communication... Et aussi le temps passé sur l'autre lieu où l'on peut laisser si facilement quelque chose de soi avec les autres qui donnent à croire qu'ils vous aiment... du bout des doigts. Alors revenir ici où l'on ne sait même pas si quelqu'un lit, mais les carnets d'avant, ceux en papier, personne ou presque ne les lisait et pourtant on s'y attelait. D'ailleurs on s'y attèle encore avec des collages, de la couleur et des photos. Et je m'interroge pourquoi j'ai un tel besoin de laisser des traces, mais en fait je sais la réponse. La première trace a sauvé quelque chose en moi, j'étais une enfant que la mère maltraitait alors j'avais écrit (gravé à la pointe d'un ciseau) dans le mur de ma chambre le douloureux secret, puis j'avais recouvert avec des autocollants de l'époque :  des anges et des angelots qui servaient à décorer le cahier de l'amitié (une pratique courante à l'époque dans l'Est de la France, un joli cahier que l'on confiait à une amie et qui le recouvrait d'un poème et de collages - on donnait rarement aux garçons qui n'y mettaient aucun soin). Ma mère a jeté ce cahier avec mon nounours et toutes mes affaires parce que j'avais décidé de quitter la maison familiale à 17 ans. Elle avait effacé les traces. Peut-être que je tente d'en retrouver ici. Peut-être. 

lien permanent

DSC05223

Embarquer. Laissez-moi vous embarquer. L'enthousiasme dans ma voix pour cacher le trac. Envolons-nous mes gaillards comme j'aime les nommer lorsqu'ils forment une classe et que déjà ils sont des hommes bien que lycéens. Et souvent enfants de l'immigration, mais pas tous. Les  embarquer pour l'énergie que cela donne car ils se laisseraient volontiers traîner. Energie qui me laissera totalement lessivée à la fin de la semaine mais croire qu'ils auront plaisir et surtout intérêt à écrire, à lire, à mettre en forme des mots. Leurs mots. Remettre du lien et surtout du sens entre eux et le langage. Mais le mot ne plait pas à Ali qui s'agace de me l'entendre répéter. Si pour moi, il y a de l'envol et du dynamisme dans ce verbe c'est que je l'associe aux avions et aux aéroports. Alors je cherche à comprendre ce qui ne lui convient pas dans cet embarquement et je triture le mot pendant qu'ils écrivent : embarquer, mener en barque, débarquement ... et enfin je comprends que ce verbe est aussi celui des flics qui vous embarquent dans le fourgon puis au poste. Embarquer comme l'on entasse, enserre, embrigade, contraint. Je gomme le mot de mes phrases mais leur redis la nécessité d'un pacte de confiance entre nous. Cinq jours passés ensemble. Textes écrits, lus, partagés mis en valeur dans un journal de bord (collages, dessins, papiers déchirés). Et lorsqu'il sera l'heure de nous quitter, je dis à la classe : allez, je vous débarque maintenant.. Ali me sourit avec une belle lumière dans les yeux. Connivence. Les mots ne sont pas toujours des ennemis. Ils peuvent aussi être un espace de jeu.  

lien permanent

IMG 1370

Redresser le dos et la nuque et se concentrer sur ce qu'il y a dire, à lire, à faire écrire avec les étudiants, première année à Science Po. Ils espèrent devenir ambassadeur, consul, conseiller, journaliste. Le mot de consul qui invite Marguerite Duras dans l'instant mais je suis la seule à la voir passer. Je suis venue avec Marcel Proust, James Joyce et Christian Prigent pour leur proposer une écriture de la phrase longue, une écriture dans le souffle. Repousser le point. Bousculer la norme qui conseille une idée - une phrase. Au contraire, les amener à mettre plusieurs couches du monde dans le même avancement de la phrase. Gommer la perspective. Je lis, je présente - trop vite - comme souvent et nous n'avons  et je n'ai qu'une heure trente d'atelier par groupe. Le livre de Joyce épais sur la table, la tranche jaunie, la version que nous avions lue à plusieurs (prenant des notes) parce que cela nous faisait moins peur de lire ensemble, et le plaisir de la lecture est venue quand j'avais accepté de lâcher prise avec la narration. Comment leur donner ce plaisir, cette curiosité ? J'espère qu'il ne s'agira pas seulement pour eux de noter des références, des dates, qu'il ne s'agira pas seulement de littérature morte. Je suis un peu fatiguée, eux aussi. Je ne me trouve pas très contaminante (c'est le mot que j'emploie). Je voudrais donner de l'énergie et j'ai peur d'avancer dans la poussière. Je finis avec cinq minutes d'avance.

lien permanent

DSC04475

Ils sont jeunes. Ils préparent un bac pro, pas forcément celui qu'ils voudraient. Ils vivent dans le Jura. Certains vivent en villes, d'autres en montagne. Ils sont d'origine turc, sénégalaise, portugaise, slovaque.. et française ... Ils écoutent du rap français, Scorpions ou radio Nostalgie. Le premier jour, ils se réfugient au fond de la salle, les écouteurs dans les oreilles, le regard ailleurs. Position de repli. Normal. Pourquoi devraient-ils se réjouir qu'une femme, même pas jeune, viennent les faire écrire ? Et l'écriture les a si souvent trahis. Le dernier jour, après la présentation du Chantier en cours : textes, dessins, mise en espace de l'atelier et chant choral, ils me serrent la main, ils me remercient, ils nous remercient. Ils sont fiers et moi aussi et nous aussi. La fatigue viendra le lendemain, car il faut beaucoup d'énergie pour oser les emmener là où ce n'est pas une évidence. Oserais-je dire qu'il faut avoir la foi ? Et je veux remercier ici tous ceux qui permettent, accompagnent, soutiennent : Saute-frontière (et plus particulièrement Marion Ciréfice qui doit gérer le poids de nos doutes en fin de journée) - Sandrine Brunet, professeure de français, Christine Richard-Briquet professeure d'art plastique et Stéfanie Barbarou, chèfe de chœur... Bien d'autres personnes encore, mais ces femmes-là sont sur le front !  Et j'ose espérer que la remarque de Mikail en fin de présentation ne soit pas prophétique : demain, ils auront tout oublié (évoquant l'équipe enseignante qui applaudissait leur travail). Croire en demain pour qu'aujourd'hui soit possible !

lien permanent

DSC04431

Ecrivaine. Je revendique le terme, oui avec le petit e vers la fin qui fait la différence surtout quand j'entends dire que dans écrivaine l'inécoutable serait le vaine de la fin alors que le vain dans écrivain semble normal ? Audible. Il faut savoir que dans les années soixante, le terme étudiante raclait les oreilles et maintenant c'est habitude, non ? Il est vrai que parfois la féminisation des mots rajoute un peu trop de fesse comme dans contre-maitresse, mais est-ce si indécent ? D'ailleurs une papesse me procurera toujours plus d'allégresse que l'étriqué d'un pape. Si de nombreuses écrivaines rechignent à employer le féminin (et j'en ai fait partie), c'est qu'elles ont le sentiment d'être en dehors de la lignée des Hugo, Vallès, Michaux, Baudelaire, Faulkner ... la lignée des écrivains ! Depuis j'ai trouvé la solution. Chaque matin devant l'écran, je me répète : Simone de Beauvoir : écrivaine ! Clarisse Lispector : écrivaine ! Virginia Woolf : écrivaine ! Marguerite Duras : écrivaine ! Annie Ernaux : écrivaine ! Doris Lessing : écrivaine ! Marina Tsvétaïeva : écrivaine ! Elfriede Jelinek : écrivaine !  Madame de la Fayette : écrivaine ! Simone Weil : écrivaine ! Hannah Arendt ... A chacun d'enrichir la liste, sa liste. Au bout d'un moment l'oreille s’habitue sans que cela paresse étrange et surtout pas vain !

lien permanent

DSC01304

Demandeur d'emploi - expression employée, depuis quand ?  Expression passive. Emploi vient du mot plier. Hommes, femmes qui attendent d'être choisis, d'être désignés. Prêts à l'emploi. Mains au-dessus qui donnent, mains en-dessous qui attendent ... En dessous. Demander, quémander. Moi aussi j'ai été demandeur d'emploi, même demandeuse. J'ai attendu. J'ai fait la file. J'ai lu les annonces, j'ai assisté à des réunions, j'ai participé à des stages. J'ai reçu le tampon sur la carte de demandeur et j'ai plus tard composé le numéro de téléphone pour confirmer que j'étais toujours demandeur d'emploi. J'ai suivi la procédure. J'ai attendu. Longtemps inusitée. Puis je n'ai plus attendu, car dans cette attente il y a toute notre soumission, comme si nous ne faisions pas vraiment partie du monde économique. Juste bons à être employés. Indignation. Je peux, je dois inventer de nouveaux modes de vie. Je peux, je dois inventer de nouveaux modèles économiques. Je ne suis pas une variable d'ajustement. Je ne demande pas  à être employée. Je n'ai pas de mode d'emploi. Je suis farouchement humaine et je veux être emportée par une joyeuse envie de me déployer ! 

lien permanent

DSC01889

La tyrannie du jour d'après. Ce fameux jour où on pourra se poser, où on aura le temps de ... et qu'il sera possible de tout faire. On pourra enfin prendre le fameux train d'avance. Et pourtant ce jour d'après nous rapproche inexorablement de l'autre jour nettement moins réjouissant : celui de notre mort. Alors faut-il avancer vite si aujourd'hui ne s'offrira qu'une fois ? J'ai senti de la peur en moi, surtout après la lecture du texte Jamais mieux de Jean-Pierre Georges publié par la revue Décharge et ce passage d'une tristesse absolue : " Je n'ai presque pas regardé la première neige de l'hiver. Elles est tombée sans moi. J'ai lu Freud couché, sans même me demander comme autrefois, si les flocons prenaient du volume ou non, et sans m'accrocher à la fenêtre pour le vérifier. Cela en dit long sur mes renoncements. " J'ai posé la revue avec une violente envie de profiter de ce jour unique et fragile. Il ne tombait pas de neige, mais le soleil était d'une belle clairvoyance. J'ai enfilé mes chaussures et ma parka : à nous deux, jour d’aujourd’hui, puisque tu sembles m'attendre !

lien permanent

DSC03393

C'est déjà loin. Parce qu'il y avait l'été là-bas à l'île de la Réunion, et de la chaleur je suis passée à la froide attente - 3 heures - dans l'horrible gare de Massy. Tenter de se mettre à l'abri des courants d'air et l'odeur violente de la salle d'attente trop petite. Loin déjà le Théâtre des Bambous et son équipe, et pourtant je reste émerveillée que d'autres artistes se soient intéressés à l'un de mes textes et ont mis de l'énergie et de l'argent pour qu'il existe sur scène, pas la première fois, mais ce que cela répare de tous les doutes, parce que l'on croit parfois avoir usurpé une place. Et l'on découvre aussi une île et une langue créole qui transforme le poème en Fonnkèr (ce qui se dit du fond du cœur). A l'équipe de là-bas, j'ai osé dire que je reviendrai, ils ont répondu : ok on t'attend. En attendant je continue à habiter ce monde avec mes mots, avec ma langue et mes différences. Je suis dans la place. Tout simplement.

 

lien permanent

IMGP2574

Heimat est une série d'Edgar Reitz diffusée sur la 7, bien avant la mode des téléfilms et des saisons, que j'ai suivie avec avidité. Que j'ai revue une dizaine de fois, d'abord en dvd non-soustitré pendant ma résidence à Berlin et racheté ensuite en édition française afin de le partager avec d'autres. Je n'ai pas encore vu la quatrième partie sortie sur cran d'écran (je voulais écrire grand écran mais je laisse le lapsus s'exprimer ici). Cette série, exigeante et qui sait prendre son temps, raconte l'histoire d'une famille allemande, dont le père de famille est forgeron, de la fin de la première guerre mondiale jusqu'en 2000. Avec la région du Hunsrück en toile de fond même si la seconde partie se passe essentiellement à Munich. Le personnage central, Hermann, se construit en refus de ses origines, donc de son village natal et de sa famille. Cette série m'a permis de mieux comprendre ma part allemande, même si ma mère est née dans le nord de l'Allemagne où la langue parlée est très différente des personnages du film (un patois particulier à cette région de Rhénanie-Palatinat). Ce film a compris qu'il n'existe pas de devoir de mémoire, terme aussi stérile que les monuments aux morts des villages français, mais qu'il y a travail de mémoire. En remettant l'Allemagne en mouvement dans ce film, le réalisateur, a remis ma propre mémoire en mouvement avec ce qu'elle a terriblement humain. Et j'ai pu écrire ainsi Stimmlos / Sans voix pour y évoquer ma propre Heimat. Heimat un mot qui ne se traduit pas. 

lien permanent

DSC05870

Vivants, ils auraient erré dans cette île se confrontant à l'administration, aux lois et aux nécessités de l'Europe qui ne peut accueillir toute la misère du monde. Morts, ils ont droit à un cercueil en bois, une rose rouge pour les adultes, un lys blanc pour les enfants. Vivants, ils auraient côtoyé des grimaces, des mains menaçantes et des dos tournés. Morts, des hommes et des femmes viennent s'incliner devant leur dépouille, les yeux mouillés. Vivants, ils auraient été des usurpateurs, des détrousseurs, des profiteurs des aides publiques. Morts, ils retrouvent lentement nom, prénom et un début d'histoire que des experts reconstituent à renfort d'ADN. Vivants, ils seraient des nègres, des roms, des terroristes, des sans papiers, des voleurs de poule. Morts, ils sont Syriens, Érythréens, Somaliens, pères, mères, filles, fils, frères et sœurs. Vivants, ils entraînent en prison ceux qui les aident (incitation à la clandestinité). Morts, ils donnent naissance à d'humbles héros que la caméra traque (assistance à personne en danger). Vivants, ils auraient pu nous raconter leur pays, rire de nos petites peurs, donner une nouvelle couleur à nos rues, enrichir notre langue, élever leurs enfants... Ils sont morts et nous sommes pétrifiés dans le couloir de nos vies étroites. Une éternité de silence.

lien permanent

IMG 4319

Le courage des oiseaux est le très beau titre d'un livre de Patrick Laupin où il raconte des ateliers d'écriture et de lecture qu'il a menés avec des enfants en échec scolaire : Ce qu'il faut d'amer courage pour se précipiter seul et libre au bout du ciel en bande ... Des mots qui donnent de la force même si tôt le matin à la sortie de la gare un jeune m'aborde pour quémander de l'argent. Il se dit étudiant ne précise même pas étudiant pauvre comme si cela allait de soi et qu'ensuite dans le métro je suis cernée par les publicités qui absorbent la peur des parents en proposant des écoles préparatoires privées fort onéreuses et peu attentives aux changements économiques de notre société. Puis dans la classe d'une première L, fort sage, les amener à décrire leur journée d'élève et celui-là nomme les barreaux du portail, la pluie lourde de certains matins, l'ennui qui change de salle toutes les heures et le soir, les programmes de télé dégueulasses qui offrent à peine de l'oubli. Dégueulasse est le mot qu'il a choisi. Et souvent il répète l'adjectif seul, les parents absents de son texte. Recevoir ces mots sans épanchements inutiles mais dans la justesse de ce qui est dit. Je marche ensuite dans la ville, le ciel enveloppe les immeubles d'une brume humide et je me dis qu'il y a des oiseaux qui migrent et des oiseaux qui restent. Et je pense à ceux à qui l'on coupe les ailes sur des plages d'Italie, sous les ponts de Lyon, au ban des villes. Des migrateurs qui soulèvent bien des peurs. Trouver ensuite la force de faire écrire, de faire lire, ne pas s'engluer dans une vaine tristesse, voler dans la joie du ciel pour que les enfants aient de quoi relever la tête. Quelle est cette étrange humeur qui me traverse ? 

lien permanent

pages 1 2 3 4 (5) 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 -> 23
nombre de pages visitées: 1 | nombre de requêtes 12