[le site de Fabienne Swiatly ]

C'est l'ecchymose, douleur qui s'efface.

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Si on veut écrire on peut écrire
Si on veut lire  on peut lire
On n’aime pas écrire et pourtant on devient écrivain
Si on veut on peut

Aujourd’hui, je ne sais pas écrire, pourtant j’ai lu des tas de livres

Collège Rosset - classe de Mme Gimazzane

 

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Il me dit d'une voix assez sûre, après lecture du texte collectif : c'est les mêmes mots mais c'est une autre langue. Je lui souris. 

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Le bar avec de la lumière – des vitres cassées
– des voitures qui brillent au loin
On apprend le futur, on joue, on fait du cross,
On prend des photos
Aimer  Yozgat en Turquie

Des panneaux qui disent la rue – des gros mots sur les murs
– la pharmacienne
On écrit, on répond aux questions, on sort dans la cour,
On apprend des nouvelles choses
Jouer à voyager. Mes pieds marchent avec mes parents.
 
Ecole des Avignonnets - Classe de Jean Moricheau

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        Dix-huit carreaux, six fenêtres, une fiche d’écoute
        Les doigts touchent l’eau douce
        Enchantent le ciel
        Pourquoi ça m’énerve ?

       Ecole du Truchet - Classe d'Annick Basset

 

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    Le vent me fouette
    Un groupe de jeunes :
    Walla, hela, t’es ouf
    Des profs sortent du collège    Ma main amoureuse

       Collège Rosset - Classe de Gisèle Ciuariu et Mme Raffin

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    Le ciel gris
    Des élèves gloussent
    L’odeur de l’eau
    L’ondée pluinote
    sur la rue des Lapidaires

         Loin la richesse

    Ecole du centre - Classe de Franck Henriot   

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 Un jean bleu

La ville de la pipe et du diamant

De l'air froid

Un vieux mur

Un cahier de texte arraché

Un homme ramasse des papiers

Pourquoi mourir ?

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Ecole du Faubourg - Classe de Philippe Vaneret

Et celui qui écrit :

J'habite cette rue où peu de personnes passent

Je l'aime on dirait qu'elle est toute triste

Moi je trouve cela magnifique

Elle m'éblouit, c'est ma rue. 

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Bibliothèque municipale de Saint-Claude

Ceux autour de la table, après lecture d'un extrait du Livre des fuites de Le Clézio, cette consigne d'écriture : J'entre dans Saint-Claude... choisir un trajet, le poursuivre jusqu'au bout, marcher ou rouler en voiture, à vélo... un trajet qui avance et saisit les bruits, les sensations dans le mouvement. Arrivé au bout du trajet, recommencer : j'entre dans Saint-Claude. L'extrait du Livre des fuites s'y prête bien... Donne le rythme.

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Et ceux qui quittent la table pour écrire ailleurs

Pas si nombreux. 

 

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 LP Pré Saint-Sauveur 

Classe de Djenny Caplat

La neige devant moi

On  change d'aire

Penser à rien

 

 

 

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Ce matin un atelier avec une classe CAP qui se prépare au métier de technicien de collectivités - pas eu le temps d'enregistrer le terme exact - La professeure, un peu inquiète, évoquait une classe difficile. Du coup, j'ai cogité ma proposition toute la nuit, puis au petit-déjeuner, puis le temps d'enlever le givre de ma voiture, le temps de rouler de Cinquétral à Saint-Claude, le temps de trouver le bon bâtiment, le temps de trouver la bonne classe. Puis j'ai ouvert la porte.

La salle de cours semble calme - deux garçons dont l'un est d'une autre classe et qui a demandé à participer à l'atelier parce qu'il n'avait pas cours (c'est encourageant) et dix filles.

Si je prépare toutes mes interventions à l'avance, il m'arrive d'improviser en dernière minute - besoin d'une force vitale pour bien animer un atelier.

Pour me présenter je leur lis deux chapitre de mon livre Gagner sa vie. Ecoute attentive mais aucune question.

Le thème des ateliers que je propose est Jusqu'où la ville, mais j'ai envie de démarrer sur leur quotidien de lycéen. Je propose d'écrire une liste de verbes à l'infinitif pour raconter une journée complète. J'improvise un texte en live, pour leur montrer comment faire jouer le rythme, comment personnaliser le contenu. Mettre mon corps en jeu pour transmettre de l'énergie - ça écrit. Plus de vingt minutes. Sans rechigner. Je découvre qu'un élève a un handicap et que celle que je prenais pour une élève est son accompagnatrice. Une autre élève est algérienne et ne maîtrise pas bien le français, mais ça écrit.

Ils rechignent à lire leur texte, je le fais à leur place (ce qui ne m'arrive pas souvent) mais toujours ce sentiment qu'ils ont besoin de mon énergie. Ils sont contents, une étrange sonnerie façon publicité radio annonce la fin de l'atelier. Ils partent, je suis crevée mais contente.

Extrait de l'un des textes qui a été un régal à lire :

"Se réveiller - 6h15 – traîner au lit – se laver, s’habiller, retourner, revenir, chercher, oublier, revenir, fermer, descendre, voir, partir, manger, partir
Arriver en cours, ne pas écouter, finir sa nuit, penser à autre chose, sortir, changer de classe
Redormir, rêvasser, finir sa nuit, rigoler, s’amuser, ressortir, descendre, chercher, regarder les gens, encore rigoler, retourner
Rentrer, rêvasser, sortir, rerentrer, rigoler, ressortir
Partir, monter, chercher, aller, revenir, redescendre, chercher, regarder, s’amuser
Rentrer, ressortir, rerentrer, ressortir, descendre, regarder, remonter, finir les cours, rentrer au D, rigoler, s’asseoir, toujours rigoler, sortir, marcher, revenir sur ses pas, monter, descendre, s’asseoir, descendre, attendre, manger, rigoler, se lever, se rasseoir, se relever, partir.
Rentrer, ouvrir son sac, faire ses devoirs, les finir, mettre de la musique, repartir, revenir, traîner, s’habiller, descendre, discuter, rigoler, remonter, dire à demain, se déshabiller, éteindre la grande lampe, allumer la petite lampe, téléphoner
Se coucher, penser, lire, écouter de la musique, dormir"

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Lire absolument sur le site de François Bon - sa réaction à l'article du Monde concernant la pratique des ateliers d'écriture. Article qui m'avait réjouie d'abord : enfin ils parlent des ateliers et ensuite l'agacement : encore la question de l'atelier comme lieu de formation de l'écrivain. Alors que depuis dix ans d'animation, j'ai eu rarement la question posée pendant l'atelier car il s'agit de la confrontation avec le langage et la littérature qui est proposée. Et même si certains de mes participants ont publié ensuite, cela a été possible et uniquement possible, parce qu'ils ont eu la force, la nécessité de s'attaquer au chantier d'écriture en dehors de l'atelier.

Et pour compléter la liste de phrases que François propose à la réflexion celle d'Aimé Césaire qui accompagne ma pratique des ateliers : J’ai plié la langue française à mon vouloir-dire.

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