[le site de Fabienne Swiatly ]

C'est l'ecchymose, douleur qui s'efface.

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Vaulx-en-Velin, ma ville natale, ma ville unique,

 des couleurs unies comme une famille.

 Mais quand dans ma tête c’est la panique,

 mon cœur sombre comme le Titanic.

L'amour saura t-il me retrouver ?

 

Lycée Doisneau - Vaulx-en-Velin

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École Ambroise Croizat de Saint Martin-d'Hères, état grippal qui ne rend pas évident de se retrouver dès 8h du matin, après 1h30 de trajet, dans l'intime d'une classe avec les enfants dedans qui ont à peine dix ans. Raconter et lire la poésie, puis mettre leur propre écriture en route. Il fait froid dehors. Les mots s'écrivent sur le tableau, les mots s'emportent dans  les livres, les mots se disent avec la voix enrouée. Les sentir attentifs. On aimerait être plus vaillante. Et puis le petit garçon qui s'approche à la fin de l'atelier et dit : le chagrin n'empêche pas de grandir. Comme s'il avait senti que j'avais besoin de quelque chose pour me tenir chaud. J'ai reniflé un peu, normal, j'ai le rhume.  

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"Mettre un texte debout" est une expression que j'ai entendu dans la bouche de ma camarade Claire Terral qui est une formidable lectrice. Et pendant l'atelier animé avec un autre camarade, celui-là metteur en scène -  Nicolas Ramond, c'était exactement cela : écrire à la table, lire debout, réécrire en marchant, revenir à la table, oublier, mettre en jeu... Mettre le texte debout. Oui, il faudra revenir à l'idée qu'écrire ne se pratique pas que le cul sur la chaise !

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Je viens d’un village nommé Briffons éloigné de toute civilisation, avec plus de vaches que d’habitants. Je viens du béton et de la grisaille. Je viens de mondes que tout oppose. Je viens des voyages et des rencontres. Je viens de l’égoïsme et la générosité. Je viens du milieu, le milieu qui sépare la famille, le milieu des choix, des ennuis, des envies. Je viens des cours de solfège, ennuyeux et obligatoires. Je viens des exercices de piano. Je viens d’une envie de vivre une autre vie. Je viens de la musique, enfermée dans ma chambre. Je viens des parcours accrobranches, du canyoning, du kayak, du ski, des parcs d’attraction, des centres aérés et des colonies de vacances. Je viens des crayons de couleur, du papier, du stylo à bille, à encre.

Je viens de Crépey, Colombey, de Nancy, de Paris et de Moirans. Je viens d’une campagne et d’une famille que je fuis. Je viens d’un petit bout de terre qui m’a souvent étouffée. Je viens de  Lyon et des ses environs. Je viens d’une grande maison et d’un jardin sans fin dans lequel on se perd et on s’évade. Je viens d’un atelier de sculpture et de vernissages à répétition, d’une maison délabrée prête à être retapée.

Je viens du chantier et d’une envie de fabriquer.

Je viens du chlore et du sel, des étendues d’eau, des sources et des cascades.

Lycée des arts du bois, Pierre Vernotte, Moirans-en-montagne

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Dans le noir, mes yeux regardent un ami qui n'existe plus / Dans la lumière, mes yeux foudroient le futur / Dans le noir, mes yeux fixent le passé / Dans la lumière, mes yeux espionnent la vie / Dans le noir, mes yeux sont deux points qui clignotent.

Justine - école Combe blanche, Lyon 8ème


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Pendant les ateliers les enfants me posent des questions commençant par : Est-ce que je peux ? Est-ce que je peux inventer une histoire, est-ce que je peux parler de mon papi, est-ce que je peux écrire sur ce que je ne vois pas ? Et ils semblent étonnés que oui, ils peuvent ...  Avec mes gaillards de 2nd pro, les questions tournent plutôt autour de ma présence : Pourquoi vous êtes là ? Pourquoi vous faites  ça ? Qu'est-ce que vous pensez de nous ? Étonnés eux aussi, pas tant par l'écriture mais que l'on puisse s'intéresser à leur histoire. Je leur ai lu un extrait du texte de l'écrivain Israélo-palestinien Taher Najib, A distance de crachat. Un texte sur les jeunes de Ramallah qui crachent comme l'on jette son mépris sur le monde, aussi désœuvrés que certains jeunes d'ici. Et c'était bien de sentir leur intérêt même s'ils doutent que leurs "petites" histoires puissent être en lien avec la grande. Peut-être que l'écriture peut leur en proposer un. 

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Il est mon caillou / Pour moi, il est noir / Le noir c’est ma couleur / C’est la couleur majestueuse du seigneur. / Je l’aime, mais il est triste / Il a perdu ses parents. / Moi je suis triste aussi / Mais celui qui pleure ne doit jamais désespérer. / Mon caillou est malheureux / C’est pour ça qu’il s’appelle malheur / Quel malheur pour ce sacré malheur ! / Pas de chance je suis malheureuse aussi / Je l’adore ce sacré caillou / Il est plus rigolo que l’on ne pense  -  Kimberley, classe de Mme Forget Bonnard Tinqueux  Tentative d'écriture autour de Caillou, bijou, etc. 

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Avant de démarrer les ateliers, je déambule dans Tinqueux à la recherche de cailloux. Je scrute le sol, je ramasse, je jauge, je dessine, je note. Mais il est bon de préciser que la chercheuse de cailloux en milieu urbain prend des risques. Parfois, entre ses doigts, elle retrouve quelque coquille de pistache, noyau d'olive, chewing-gum durci, filtre de cigarette, voire une crotte de chien séchée (petit format). Prudence, donc. La poésie ne peut pas tout absorber en même temps et aime à labourer un seul et même sillon. 
 

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Après les ateliers d'écriture, les répétions du spectacle A vos amours pour et avec le quartier du Terraillon à Bron (c'est le 19 juin, en même temps que le vide grenier). Beaucoup de monde, mélange d'âges, de cultures, d'origines... tentative du faire ensemble dans une friche d'usine qui bientôt sera logement. J'aime ça. Oh oui, j'aime cela, inventer notre présence. Je pense à Armand Gatty.

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Je peux dire mon chéri, mon prince / Je peux dire je t'aime beaucoup - puis je baisse les yeux / Je  peux dire l'amour c'est exister  / je peux dire mon coeur bat, tes yeux me regardent - puis je rougis / Aimer ce n'est pas facile, ce n'est pas facile à raconter /  Quitter la Turquie, quitter l'Algérie / L'amour est dans l'autre maison, celle qui sera celle des enfants - j'étais si jeune / Aimer ce n'est pas facile, pas facile à raconter. Groupe Socio-linguistique à Bron - Résidence A vos amours !

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Laurent Gbagbo ne veut pas laisser sa place, il ne veut pas quitter son palace. Ouattara a été élu, Laurent Gbagbo ne veut pas lâcher l’affaire. Ouattara veut lui aussi le palace. La feuille me dit : j’ai envie de faire pipi mais le scotch m’en empêche.  Hind.

Je m'appelle Jason, j'ai 7 ans, ma mère travaille dans les tissus, mon père travaille dans les choses dures. Ma main, ici en classe, écrit des poésies, des phrases et des écritures. Dans ma poche, j'ai un carnet magique. Classe CE2 - école Jean-Moulin, Vénissieux. 

 

 

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Dès que je marche seul dans la ville

Je me sens petit

Encombré de bruits.

Frustré, stressé,

Peur d’être en retard, 

J’accours vite.

Je me demande : qu’est-ce qui m’arrive,

D’être aussi peureux dans la ville ?

Ryan - EPJ, Vénissieux. 

Et Leila, adolescente aux tenues aussi superbe qu'elle, qui me dit à la fin des cinq jours d'atelier : C'était bien d'écrire. J'avais trop l'impression de laisser mon cerveau en veille les autres jours. 

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Ateliers d'écriture. Quinze années à en animer. Des centaines de rencontres, de textes lus, de textes entendus. Chaque atelier qui pourrait donner lieu à un écrit. Pour la force d'une lecture, l'émotion partagé, les revirements qui soudain mettent en écriture celui ou celle qui semblait si revêche à toute  tentative. Et toujours cette confiance reçue, donnée. Écrire pour ouvrir son regard sur le monde. Le monde qui s'invite chaque jour chez nous par le biais des médias, des discussions, de nos expériences et on ne peut lui laisser toute la place. Faire écrire les autres. Pas toujours facile, pas toujours évident. Le rapport à l'écriture chargée de ce que l'école a plus ou moins bien transmis. Souvent la peur. L'écriture qui nous a trahi : mauvaises notes, réflexions désobligeantes, incompréhension. Le lourd tribut du zéro en rouge pointé de la dictée. Alors certains ont abdiqué et n'écrivent plus, d'autres se contentent d'une norme du bien écrire. Ils essaient d'écrire proprement.  Écrire pour éviter la marque rouge sur le cahier. Proposer alors une écriture qui permet de penser différemment. J'aime animer des ateliers, même si j'ai besoin de rester quelques mois sans me préoccuper de l'écriture des autres. Mais, il est bon de rappeler que la rencontre n'est possible que si des personnes compétentes réunissent un groupe. Sans les enseignants, les documentalistes, les bibliothécaires, les animateurs sociaux, les éducateurs, etc. L'atelier ne pourrait exister. Alors je tiens à les remercier ici et leur souffler, qu'il ne faut  pas s'arrêter. Car si les conditions se font difficiles, l'écriture doit continuer à exister, à s'inventer - partout et pour tous. Et aussi cette photo de moi, parce qu'elle me plait, tout simplement. Photo prise pendant les Mercurielles de Cherbourg que coordonne avec passion Brigitte Poulain. Oui, écrire. Écrire le mur,  traverser le mur ... inventer la rue, le soleil... abattre la ville ... reconstruire le mur qui s'abat sur moi traversant le mur... Jacques Dupin.

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