[le site de Fabienne Swiatly ]

L'encre du tatouage qui bleuit avec le temps.

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Petit à petit, je prends le temps de visiter Saint-Claude, la ville que je ne connaissais pas jusqu'alors. Celle que je nomme la belle rugueuse tant elle ressemble aux cuisses d'une femme hésitante avec le refermé le long de la montagne et l'ouverture mouillée sur la rivière : la Bienne. Je n'ai pas pris le temps encore de faire des photos car souvent dans la ville je frissonne, à cause du froid ou plutôt de l'ombre des rues d'en bas.
En bas/en haut, ceux d'en haut/ceux d'en dessous... Des mots qui reviennent souvent dans la bouche des habitants qui du coup fixent la forme de leur ville. Le haut et le bas comme Berlin qui se définit encore par l'est et l'ouest.
Une ville qui offre des jeux d'ombre et de lumière qu'il faut apprivoiser comme les sautes d'humeur d'un cyclothymique. Alors je m'imprègne selon l'heure de la journée ou le temps qu'il fait, de sensations physiques sans chercher encore à comprendre, à nommer, à analyser, même si des livres érudits m'attendent à la bibliothèque et à la Maison de la poésie. Aussi pour préserver une certaine naïveté quand j'anime mes ateliers.
Car depuis quelques jours, j'anime des ateliers dans différentes classes du primaire et aussi un lycée professionnel (lire ici).
Je dois avouer que cela nécessite chez moi une forte présence physique pour être à la fois attentive au groupe et à la personne. Bien sûr que j'aime cela, transmettre une écriture vivante mais il n'empêche que c'est crevant.
Mes frères ouvriers me diraient que c'est bien le moins que d'être fatigué par le travail et je leur répondrais simplement que c'est la fatigue physique qui m'étonne. Et je trouve que l'expression trouvée par un participant dans un de ses écrits, la chaufferie de l'imaginaire, correspond bien à ce qui se passe dans un atelier. Il existe un livre de Philippe Berthaut intitulé la Chaufferie de la langue. concernant les ateliers d'écriture.
Dernière mise à jour - jeudi 15 janvier 2009.