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C'est le bleu changeant du ciel comme une fiction.

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A la bibliothèque, j'emprunte Fragments de Marilyn Monroe. Des bouts de texte, des poèmes qu'elle écrivait sur des carnets, des cahiers, des feuilles à entête des grands hôtels où elle logeait. Textes inachevés qui souvent racontent, interrogent, creusent son état psychologique fragile. Son manque de confiance. Je ne suis pas une fan de Marilyn, d'ailleurs je ne suis fan de personne car je ne sacralise pas. Des humains, tous des humains et parfois des actes héroïques ou pas. Parfois des destinées singulières ou pas. Et si parfois je l'ai appréciée dans des film comme les Misfits de John Huston, il y a eu aussi des films où je détestais ce qu'on l'obligeait à faire. A être. Avec du vrai malaise face aux qualificatifs qui la décrivaient : hyper sexuée, sexe symbole, femme fatale, summum de la féminité, etc.  Elle fut surtout un objet de conquête permettant à certains hommes de pavaner devant d'autres hommes : moi, je l'ai eu dans mon lit (quitte à la dénigrer ensuite comme le fit Yves Montand). Sans oublier qu'elle a permis à de nombreux hommes de gagner beaucoup d'argent. Bien sûr, on peut dire qu'elle était consentant, mais jusqu'à quel point ? Car on connait bien sa fragilité psychologique. Malaise, encore, quand je lis dans le recueil, sa lettre adressée en 1961 au Dr Greenson, un an avant sa mort. Elle raconte un épisode vécu à la clinique Payne Whitney, alors qu'elle est enfermée dans le service psychiatrique (portes closes et barreaux aux fenêtres) : " Je n'ai de nouveau pas dormi de la nuit. j'ai oublié de vous dire quelque chose hier. Quand on m'a mise dans la première chambre, au sixième étage, on ne m'a pas dit que c'était une section psychiatrique (...) L'infirmière est entrée, après que le docteur, un psychiatre, m'eut fait un examen physique, y compris des seins pour voir si je n'avais pas de grosseur mammaire. J'ai protesté, sans violence, en expliquant que le médecin qui m'avait fait entrer, avait déjà fait un check-up complet." J'ai beau tourner cela dans tous les sens, je ne vois pas l'urgence à palper les seins de Marilyn alors qu'on est psychiatre et que votre patiente est dans un état mental inquiétant. Enfin, si, malheureusement, je vois bien où était l'urgence. Je referme le livre. Effroi.