[le site de Fabienne Swiatly ]

L'encre du tatouage qui bleuit avec le temps.

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Se lever avec une phrase qui tourne en boucle : Faut que ça change. Puis la ressasser encore et encore. La tordre, l'essorer, la faire avouer : Quelque chose doit changer. Mais quoi ? Putain mais quoi ? Que faire de ce désir sans objet. Chercher une réponse dans le noir du café, dans l'impossibilité de se regarder dans le miroir, dans la douleur du corps qui vieillit, ouvrir un livre de Déborah Heissler et lire au hasard : C'est un jour fait de mille jours. Regarder le soleil penché du matin et voir que la vitre de la fenêtre est sale. Une envie de silence. De profond silence. C'est peut-être cela qui doit changer : Taire les conversations inutiles. Taire les bavardages médiatiques. Taire. Se taire. Vivre comme un soulagement que dans la nouvelle maison, celle du déménagement fin juin, il n'y aura pas tout de suite l'internet, même pas le téléphone. A Berlin pendant les deux mois de résidence, il n'y avait pas l'internet et j'aimais, tous les deux jours, me rendre dans la boutique du quartier turc et me connecter pour un euro. Lire mes mails et envoyer des nouvelles de manière collective. Mes chroniques berlinoises. Puis repartir dans la ville. Disponible.  Ce matin je comprends que le changement, ce serait de s'effacer de la toile un moment et partir vers ceux qui n'y sont jamais. Oui peut-être est-ce cela qui me ferait du bien. Retourner à la table d'écriture, à la photo sans la nécessité de m'exposer aussitôt.