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Le fond d'écran de l’ordinateur qui aspire.

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Ecrivaine. Je revendique le terme, oui avec le petit e vers la fin qui fait la différence surtout quand j'entends dire que dans écrivaine l'inécoutable serait le vaine de la fin alors que le vain dans écrivain semble normal ? Audible. Il faut savoir que dans les années soixante, le terme étudiante raclait les oreilles et maintenant c'est habitude, non ? Il est vrai que parfois la féminisation des mots rajoute un peu trop de fesse comme dans contre-maitresse, mais est-ce si indécent ? D'ailleurs une papesse me procurera toujours plus d'allégresse que l'étriqué d'un pape. Si de nombreuses écrivaines rechignent à employer le féminin (et j'en ai fait partie), c'est qu'elles ont le sentiment d'être en dehors de la lignée des Hugo, Vallès, Michaux, Baudelaire, Faulkner ... la lignée des écrivains ! Depuis j'ai trouvé la solution. Chaque matin devant l'écran, je me répète : Simone de Beauvoir : écrivaine ! Clarisse Lispector : écrivaine ! Virginia Woolf : écrivaine ! Marguerite Duras : écrivaine ! Annie Ernaux : écrivaine ! Doris Lessing : écrivaine ! Marina Tsvétaïeva : écrivaine ! Elfriede Jelinek : écrivaine !  Madame de la Fayette : écrivaine ! Simone Weil : écrivaine ! Hannah Arendt ... A chacun d'enrichir la liste, sa liste. Au bout d'un moment l'oreille s’habitue sans que cela paresse étrange et surtout pas vain !