[le site de Fabienne Swiatly ]

La trace bleue ce n'est presque jamais l'encre.

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Parce qu'il faut parfois y passer :  à l'hôpital, aux examens, au scanner, on ne peut que être surprise d'y trouver un mot émouvant. Dans cet univers propre. Efficace (du moment que l'on possède ordonnance et carte vitale), dans ce mélange de blanc et gris très chic, sièges accueillants et revues pas trop défraichies, dans cet univers où s'affiche les mots radiologie, mammographie, échographie, mammotome, IRM et aussi urgences, dans la salle d'attente avec la télévision en hauteur, sans le son, qui propose BFM et tous les sous-titres qui vous donnent l'état du CAC 40 et addition régulière du nombre de morts, de victimes, de blessés ici ou là, on est surpris de découvrir le mot déshabilloir. On connaissait cabine, vestiaire mais ce mot là dans l'hôpital. Comme de la dentelle. Et pas qu'un seul déshabilloir. Quatre j'ai compté. On ne se défait plus, on ne se prépare plus ... on enfile du déshabillé. Je ne sais pas si le mot est répandu dans le monde médical, je le rencontre pour la première fois et mon dictionnaire ne le connait pas. Donc un mot récent ou alors très vieux. En tout cas, ce mot égaie le lieu. Il me semble soudainement plus humain. Je ne vais pas me foutre à poil. Et l'on pense à ce vêtement désuet qui traversait bien des films de l'époque du noir et blanc : le déshabillé ou aussi la chanson avec la voix de Gréco : déshabillez-moi, oui mais pas trop vite. Le jeune infirmier, qui m'accompagne jusqu'à là, doit se demander pourquoi je lui  souris ainsi, alors que je passe des examens.