[le site de Fabienne Swiatly ]

La fumée bleutée d'une Gitane ou d'une Gauloise, les cigarettes que je ne fume plus.

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Quand l'humeur n'est pas au partage, j'aime prendre le chemin accessible dès ma maison. Je le connais bien, une heure de marche environ. Démarrage pentue qui essouffle ma mauvaise humeur. Je sue et je sais qu'il faudra monter le chemin de Rôbe jusqu'à l'ancienne carrière, poursuivre après la coupe de bois avant de retrouver du plat. Je monte, je râle et parfois même je répète à voix haute  : lâche-moi ! mais lâche-moi donc. Il est des fantômes qui s'obstinent, ils s'accrochent à vous et alourdissent la marche. Maintenant je parviens à ajouter : quoique tu fasses, j'avancerai. Puis le terrain devient plus doux et s'ouvre sur des prairies. Ce soir-là, au bord du chemin, je vois une toute jeune colchique. La fleur de la fin de l'été. Déjà. Après la suée, la récompense du paysage et dans la descente, Belledonne et les Bauges se séparent du soleil. Rose orangé dans un ciel presque gris. Je ne dis plus rien. Je me sens légère. Il y a longtemps, j'ai choisi de ne pas mourir tout de suite et dans la descente du chemin, je me dis que j'ai bien fait.