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Le fond d'écran de l’ordinateur qui aspire.

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Pour clore l'atelier du lycée professionnel Marc Séguin, avec l'enseignant, Samuel Delors, nous avons prévu une sortie avec lecture des textes au Kotopo, espace culturel international. Nous  avons choisi la Croix-Rousse dont  nous aimons l'esprit alternatif et ses ouvertures sur la ville.  Ils auraient préféré le centre commercial de la Part-Dieu. Groupe d'une vingtaine de gaillards qu'il faut tenir dans le métro surtout lorsqu'on croise un groupe de filles. On marche. Il trouve que la Croix-Rousse ça fait pauvre. Leur crainte souvent qu'on les stigmatise comme des pauvres, des exclus. On explique les démarches alternatives, la coopération, les Canuts et notre attachement au quartier... Leurs yeux nous quittent souvent pour regarder celui de l'écran du téléphone. Au Kotopo, lecture de leurs textes et la surprise des organisateurs qu'ils soient capable d'écrire des choses aussi fortes. Puis il est l'heure de repartir, je reste pour ranger les lieux. De la fatigue, du doute, les tenir en groupe n'est pas facile. Oui, je suis fatiguée. Quelque chose de serré dans la gorge. Denis m'offre un verre de vin. Peur de ne pas en avoir fait assez. L'envie de réparer le monde à moi tout seule. C'est idiot. Ouvrir quelques portes, c'est tout, et on ne peut obliger personne à y passer. Je ressasse la phrase de Yanis qui parle souvent la bouche en fermeture :  je voudrais que l'amour rencontre ma vie. Lui, non plus, n'imaginait pas écrire une phrase pareille. D'ailleurs, il faut cesser d'imaginer leur avenir, mais leur donner l'occasion de s'en inventer un. Le vin m'a fait du bien.