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La trace bleue

IMGP0041

L'étrange moment de la séparation d'avec le groupe en formation. On a passé plusieurs jours ensemble à apprendre, désapprendre, à inventer, à recréer, à douter, à questionner. Regroupement d'individus qui forment une entité vivante qui est dite le groupe. Ce groupe-là n'existera que le temps de la formation, ne se reformera jamais plus. D'où, l'hésitation au moment du départ. Retenir ce qui a existé. Mais déjà l'un doit prendre le train, l'autre récupérer des enfants. Je m'attarde avec quelques uns devant la porte, je suis la formatrice. Retenir l'instant. Ceux-là fument. Le tabac sent bon. J'ai envie de partager ce moment de la cigarette, aspirer le présent en quelques bouffées. J'ai envie, très envie de cette cigarette. Je me retiens, dix ans sans tabac. Ne pas tout gâcher. Et puis trop chers les cigarettes, trop reléguées à l'extérieur des lieux publics. Alors je me sauve. Je m'éloigne. Voilà, c'est fini. Je suis contente, on a fait du bon boulot. Mais comme un vide. Reste à trainer un peu, fatiguer le corps en marchant vite. Puis chez soi, mettre de la musique fort. Très fort. Se servir un verre, et réfléchir déjà à ce que l'on proposera l'an prochain. Inventer la prochaine session.  Surtout ne pas allumer la radio, ne pas lire les mails. Garder, un moment encore, le monde à l'extérieur. Danser pour soi seule. Oui, on fait du bon boulot.