[le site de Fabienne Swiatly ]

Les bleus de l'enfance parce que jouer peut-être dangereux.

DSC06640

Vu au cinéma le documentaire, Les rêves dansants de Anne Linsel et Rainer Hoffmann, sur la recréation de Kontakthoff de Pina Bausch avec des adolescents... J'ai ressenti une très forte émotion à la fin du film car il me ramenait à la semaine de travail avec les Compagnons du NTH8 et à tous ces élèves avec qui je mène régulièrement des ateliers d'écriture. Ma chance d'être régulièrement confrontée à la richesse des jeunes générations qui ne sont pas un tout, encore moins un tas. Et que de les voir réduits à des simples consommateurs passifs, des bandes de demeurés, des gosses désœuvrés de la banlieue ou encore des paresseux qui ne veulent même pas accepter d'être apprentis bouchers ou maçons (dixit un copain qui m'avait habituée à une pensée plus nuancée) me rend parfois nerveuse. A chaque fois, devant leur désir de créer, de changer de monde ou d'apprendre, je trouve qu'il y a un vrai gâchis à ne leur proposer qu'un entonnoir pour avancer dans la vie. Ceux-là même sur qui il faudra compter quand nous seront devenus trop vieux pour nous assumer seuls. Avons-nous oublié combien cela peut-être difficile d'entrer dans le monde des adultes ? Alors ce texte de N, élève de 3ème pour qui ce fût un grand soulagement de partager ses angoisses avec les autres. N. veut s'occuper des personnes âgées plus tard : Je voudrais / je voudrais me sentir mieux / Je rigole / J'arrête / Je vois des gens / Pourquoi je ne suis pas pareille /  Je veux /  Je veux me guérir / Je  me bourre de médicaments  / J'essaye / ça ne marche pas / Je prends des médicaments plus forts /  ça ne marche pas / Je sais / je sais que ça va partir / J'espère...