[le site de Fabienne Swiatly ]

L'encre du tatouage qui bleuit avec le temps.

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J'étais à Cherbourg pour les Mercurielles pour discuter du thème : littérature et travail. Le jeudi, il y a eu la manif et j'y suis allée. Faire nombre. Et il y avait du monde, les chiffres officiels contredisent bien entendu les chiffres des organisateurs. En tout cas, cela faisait du peuple. Comme je ne savais pas derrière quel drapeau  marcher, j'ai remonté la file puis je l'ai redescendue pour prendre des photos. A Cherbourg la pluie a fini par tomber et les parapluies se sont ouverts. Je n'en avais pas, j'ai mis mon appareil photo à l'abri.  Le soir, à un journaliste local qui me demandait ce que je faisais à Cherbourg en dehors des rencontres, j'ai répondu que j'avais participé à la manif. Il m'a dit qu'il n'allait pas écrire cela. J'ai demandé pourquoi ? Il m'a répondu que cela n'avait pas de lien avec le thème. Évidemment : littérature et travail... et manifestation, il n'y a aucun lien. L'écrivain est au-dessus de tout ça. La neutralité créative. J'ai haussé les épaules : tant pis pour le mythe moi j'étais dans le ça, avec ça. Ensuite à la rencontre où il y avait Gérard Mordillat (Les Vivants et les morts) et Sylvain Rossignol (Notre usine est un roman), nous avons encore parlé de ça, mais peut-être que nous ne sommes pas des vrais écrivains. De ceux que le travail et la manifestation ne concernent pas