[le site de Fabienne Swiatly ]

Le métallisé des eaux profondes, le bleu glacé des torrents.

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Nature morte. J'ai pensé cela en regardant la table que tu venais de quitter sans finir ton assiette. J'ai regardé ce qui restait devant moi. Tu avais envie d'être ailleurs, de te vivre ailleurs, c'est normal tu es si jeune. Je suis restée devant ton absence et j'ai pensé, on dirait une nature morte et j'ai été chercher l'appareil photo. Saisir cela : la banalité d'un repas du soir, même s'il y avait la volonté de cuisiner. Crevettes, nouilles chinoises, sauce citronnée. C'était bon. Mais tu avais autre chose à faire et... Pourquoi les mots de nature morte me sont-ils venus ?  Ce qui désigne en peinture, il me semble, des mets ou des fleurs sur une table comme oubliés, raisin, pommes, verres vides ou presque, un animal tué parfois... du périssable. Et mon incompréhension souvent devant de tels tableaux.  La photo saisit vite un telle composition, mais  un peintre doit se confronter longtemps à cette vision. Exercice d'observation ? Mortification ?  Nature morte. J'ai pris la photo. J'ai saisi cette nature morte et je l'ai mise en ligne, puis j'ai pensé  que peindre ou photographier une nature morte, c'est être affreusement en vie. Alors c'est quoi qui se meurt ?