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L'obstination du bleu Klein.

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Dans l'élan de ma future résidence d'écrivains à Vénissieux, j'ai profité d'un  temps moins fade que ces derniers jours pour prendre des photos. Inspirée par Un livre blanc de Philippe Vasset, j'ai acheté une carte IGN qui précise la ville en d'autres termes que les noms de rue. Je me laisse tenter par le virage de la femme morte, accessible en métro, pas loin de l'usine Renault Trucks et la cité Berliet (d'autres photos sur ma page Obsession Usine). Je me souviens d'une époque où il y avait là une boite  de nuit, Le Truck où j'ai pas mal trainé, surtout pour Robert Lapassade qui avait une des plus belles voix soul blanche que je connaisse. J'ai encore dans ma cédéthèque ses albums avec le groupe Snapping boys ou sous le nom Lapassenkoff. Où était exactement cette boîte ? Je longe des murs, ne reconnait rien, c'était en tout cas à l'époque où j'avais l'âge de me coucher à l'aube et me lever à peine plus tard pour  le boulot. La vie se dépliait la nuit.
Je longe encore des murs recouverts de peintures qui viennent cacher les revendications des ouvriers. Coups de rouleaux rapides sur les slogans (faire place net) mais parfois les mots  s'obstinent. Palimpsestes du gagner plus ou du travailler mieux. Il semblerait tout de même que les murs se soient tus depuis un bon moment, même s'il y a quelques semaines, près de 300 salariés de Renault se sont mis en grève. Aujourd'hui c'est congé. Les portails son fermés, tout est calme. Il y a, pas loin, de coquettes maisons construites, je suppose, à l'époque où l'ouvrier profitait des jours de repos pour  se bâtir un chez soi. Les permis de construire, même si leur création date de 1902, étaient beaucoup plus souples que maintenant et ne favorisaient pas seulement l'irruption des cités malabars avec leur magnifique camaïeu de crépis orange-rose.