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La trace bleue

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Clouée au sol, au propre comme au figuré, car je n'irai pas à Berlin cette semaine pour cause de nuage islandais, et j'ai dû admettre aussi les causes de la difficulté à poursuivre mon roman : l'ennui. Puis j'ai décidé qu'il était bon que le monde reprenne ses distances et j'ai remisé la centaine de pages en cours et débuté un autre travail qui s'annonce bien, une quinzaine de pages écrites en quelques jours. Deuxième fois en un an que je renonce à finir un texte. Mais comment faire autrement  lorsque l'écriture devient ennuyeuse ? Je peux faire face à la difficulté de certains passages, à un moment de creux mais pas à l'ennui. Car je sais alors que j'ai perdu la trace de mon  sujet. 
Un sujet qui peut-être formel, politique ou émotionnel mais qui doit battre entre les lignes  du texte. Et là, il n'y avait rien, seulement des mots qui s'alignaient mollement. Rassurants à faire chiffre (j'actionne souvent la fonction statistiques pour vérifier qu'au moins le nombre de signes progresse). Donc il est archivé parmi bien d'autres histoires. Je ne pensais pas qu'un autre texte se mettrait aussi vite en route : 
I - La vie du dépliant  
Les chambres sont spacieuses, le jardin vaste, les soins de qualité, l’accueil chaleureux, la salle de bain ergonomique, les équipements adaptés aux besoins. La prestation hôtelière est en adéquation avec la clientèle, une assistance médicale est assurée 24h sur 24h. Il existe une unité protégée pour personnes dépendantes psychiques. En 2002, l’établissement  a obtenu la certification Iso 9001.
Des activités, des rencontres intergénérationnelles et des sorties sont proposées cinq jours par semaine. Un espace beauté offre les compétences d’un coiffeur, d’une pédicure et d’une esthéticienne. Les chambres sont individuelles ou communicantes.  La personne est âgée.
Les mots écrits sur le dépliant suggèrent le calme, la sérénité et une prise en charge humaine du résident. Sur les photos, les soignants sourient, uniquement des femmes en blouses blanches ou roses. La personne âgée sourit aussi. Accompagnement de fin de vie. Le dépliant ne ment pas. Sur place tout est calme. Le visiteur n’aura rien à redire. Il rangera le dépliant dans le vide poche de sa voiture ou dans une chemise cartonnée avec écrit dessus le nom de l’établissement puis il enregistrera le numéro de chambre sur  son portable.

" Tu vas être bien là "