[le site de Fabienne Swiatly ]

La trace bleue ce n'est presque jamais l'encre.

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Et l'écriture s'absente. Beaucoup de temps devant l'écran, nuque douloureuse, poignets crispés et les yeux secs. Rien ne s'écrit. Le leurre à s'agiter sur l'ordinateur. Se laisser faire par les gestes et le flux des informations. Un clic sur le dossier photo. Double clic sur Médiapart, rue 89, Remue.net. Re-clic sur les photos, rogner, ajuster, enregistrer, exporter. Ouvrir le dossier des textes récents. Tout est là qui attend en silence que se poursuive l'écriture, mais rien ne vient. Clic corriger, clic aligner, clic éditer.. Le bruit de mes vains mouvements. Je ne sais plus ce que je dois écrire. Ce que je  veux écrire.  Envie de relire le Journal de Charles Juliet ou Ecrire de Marguertie Duras. Affronter sans trop de mouvement ce qui ne vient pas. J'ouvre Les Outils de Leslie Kaplan : Ecrire, chercher à rencontrer le réel, et non la réalité, c'est reconnaître qu'il y a quelque chose qui résiste., qui est et restera impossible à subjectiver. Mes doigts s'agitent sur le clavier à écrire les mots des autres. J'ai peur de cette fausse agitation littéraire à l'intérieur de moi.  Et puis merde, suspendre l'activité et partir faire un tour. Bon qu'à ça, comme disait Samuel Becket.