[le site de Fabienne Swiatly ]

La couleur absente de la Lorraine.

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Le monde dans lequel je me déplace, dans lequel je travaille, dans lequel je partage le thé ou le café, dans lequel je prends des photos, dans lequel je tente l'écriture ne ressemble pas à celui qui me parvient à travers les médias. Cette mise à l'étroit d'un monde frileux et apeuré où un jeune devient les  jeunes, un noir les noirs, un basané les arabes... L'événement oblitère la diversité, la lenteur des rencontres, des projets, des tentatives. Dans le monde que je partage avec bien d'autres, je croise Alexandre qui soigne les vieux des maisons de retraite, Marouwane qui sait ce qu'est un acrostiche, Leila qui offre des crêpes au gardien de l'immeuble, Mireille qui ouvre sa porte plus grande que celle de son pays, Ariana qui écrit de la poésie pour supporter sa vie sans père et sans repères, Ugür qui raconte la poésie turque... Je pourrais faire une liste étourdissante de ceux et celles qui ne font pas l'événement mais donne du contenu aux jours. La chasse à l'événement distille une peur vaine et  stérile. Parfois il suffit de dire bonjour pour que l'autre vous réponde  bonjour à son tour. S'il y a des petites gens comme l'on dit, j'aime partager ma vie, mon monde avec les petites gens. J'aime être une petite gens. J'aime alors me simplifier la vie.