[le site de Fabienne Swiatly ]

La trace bleue ce n'est presque jamais l'encre.

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Déjà sur les ondes le gouvernement se gargarise avec plus de 300000 auto-entreprises déclarées.  Un chiffre qui raconte un engouement mais pas forcément une réussite. Oui le geste est facile, un clic sur un site, deux trois lignes à compléter et vous voilà auto-entrepreneur. A quoi répond précisément ce statut demanderait une analyse plus approfondie. En tout cas, cela vous fait disparaître des statistiques comme demandeur d'emploi ou en précarité d'emploi. Et chacun étant sa propre entreprise que la concurrence se fasse sauvage ! S'il est vrai que le statut répond à un manque et qu'il me permet de m'affranchir des droits d'auteurs et facilite mes négociations avec les institutions publiques, il est aussi le résultat d'une nouvelle gestion de la précarité. Certains employeurs tentent d'ailleurs de contractualiser ainsi leur relation avec leurs employés. On embauche plus, on propose une inscription comme auto-entrepreneur.
Après le clic d'inscription, il faut s'attendre à quelques difficultés pour gérer sereinement son statut et se préparer à ressentir un grand sentiment de solitude quand cela ne fonctionne pas tout à fait bien. A cumuler plusieurs statuts vous cotisez un peu pour les droits d'auteurs, un peu pour  l'auto-entreprise, un peu pour les contrats salariés ici ou là.  Cotiser un peu partout et pas vraiment. En cas de maladie, de perte de clientèle ou autres soucis, le retour du réel est rude. Comme je n'aime pas me leurrer, j'ai nommé mon dossier lié à ce statut, autotamponneuse, tant il me semble que je travaille de plus en plus avec une vilaine bouée autour du ventre pour amortir les coups et l'impression de tourner en rond sur un bien petit espace, cernée par les lumières clinquantes des vrais chefs d'entreprises. De ceux qui gagnent du vrai argent. Tournez manège ! @dernièremiseàjourlundi1erfévrier2010+ lesateliersd''écritureici