[le site de Fabienne Swiatly ]

C'est le bleu changeant du ciel comme une fiction.

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C'était vendredi 27 novembre à Bédarieux. Anne de Boissy se prépare pour la représentation de  Boire. Je prends des photos, je cherche à me rendre utile. J'ai le trac. Ce n'est pas moi qui joue pourtant. J'ai confiance en Anne mais je sais que tout le long de la lecture je vais douter. Je vais être à l'affût du moindre mouvement de spectateur. Vérifier que personne ne gêne la lecture d'Anne.  Guetter la moindre faiblesse de mon texte. Et cette étrange sensation d'engloutir le public dans le pesant de l'alcool.
En attendant, j'occupe mon corps. J'installe les chaises, vérifie les ouvertures de porte, prend des photos sans réfléchir à ce que je cherche à fixer. Pas de mots plus grands que les choses, je rumine les mots de Béatrice Beck. Et puis accepter. Ne plus penser à rien. Laisser faire la comédienne, le texte, le public -  en dehors de moi. 
Le soir-même, il y aura dans la salle des participants des ateliers d'écriture, des lycéens, des enseignants, des connaissances et des inconnus. Le silence sera  intense juste avant les applaudissements, puis  la légèreté viendra avec les commentaires, les échanges, les réflexions qui donnent du sens au travail. Puis on rentre avec Anne au Campotel où on loge, on boit un verre de Faugères, même deux. On se dit que c'était bien. Et ce moment amusant où Anne pour répondre à un de mes propos, cite un passage de mon livre. J'entre en conversation avec moi-même. C'est étrange. La vie est une fiction. Je me sers un troisième verre.