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Les bleus de l'enfance parce que jouer peut-être dangereux.

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L'écrivain Arno Bertina inventait, avec les habitants, une ville de Bédarieux centre du monde et je poursuis sur le thème ... et moi au milieu. Premiers ateliers qui s'achèvent, premiers textes et photos qui s'affichent ici. Attendre les réactions, en tout cas de belles rencontres - il me semble. Sentir que l'on participe à créer du lien entre ceux qui habitent ou qui traversent la ville (le temps des études, d'un travail, d'un atelier, d'une lecture...). Et ce sentiment émouvant lorsque je parviens, comme hier, à traverser le mur de la distance. Classe distraite, coupure des vacances qui a émoussé l'enthousiasme de la première rencontre. A ce moment-là, je sens le danger d'une indifférence molle. Polie, mais molle. Alors, il me faut trouver les mots pour secouer. Revenir à la nécessité de l'engagement dans l'écriture littéraire. Secouer l'inertie et ramener à soi et à la feuille, chacun d'eux. Pas facile mais nécessaire. Je dis que j'ai besoin qu'ils me parlent du monde dans lequel nous vivons. Que j'aimerais qu'ils prennent le risque de s'étonner. Nous travaillons l'auto-portrait, et j'ai dû les rassurer souvent. Comme quoi je ne cherche pas à leur arracher un secret, comme dans les nombreuses émissions de télé. Mais quelque chose de leur monde qui viendrait nommer aussi le mien. Quelque chose de sincère en moi qui semblent les motiver. Les têtes se baissent, les mains écrivent et bientôt je pourrai lire ce bout de phrase sur un texte en cours : je suis l'enfant de la routine. Et bien sûr, l'envie de lire la suite... Tout un monde dans ce début de phrase.