[le site de Fabienne Swiatly ]

C'est le bleu changeant du ciel comme une fiction.

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S'inquiéter parfois, parce que de nombreux événements, propos viennent troubler mes jours et mes nuits. D'abord la réaction d'Eric Raoult qui voudrait qu'une écrivaine qui ose s'horrifier de ce qui se passe en France se taise, et l'homme de croire qu'un prix littéraire suffirait à lui faire baisser les yeux  (à lire ici) . Un autre homme vient nourrir mes craintes (non, je n'aurai pas peur), après lecture de son portrait dans Télérama, Patrick Buisson, principal conseiller de Nicolas Sarkozy, un ancien du journal Minute, un maurassien assumé, un misogyne et un fasciné par le sexe et le nazisme, excusez du peu. Et ma colère de constater qui sont les amis de l'homme (intelligent et fascinant, justement). La colère donc,  c'est mieux  que la peur. Cela rend fort. Beaucoup d'indices qui me ramènent au film, peu connu (et qui sort actuellement en DVD) d'Igmar Bergman :  L'oeuf du serpent Je me souviens de l'avoir vu, assez jeune, avec cette peur que ce film devienne un jour le miroir de mon futur. L'oeuf du serpent est au chaud dans notre pays où l'on voit s'installer tranquillement ceux qui aiment se parer d'une idéologie à la pensée courte, des misogynes qui aiment les femmes, les vraies, des obsédés du chiffre, des méprisants du pauvre et de l'étranger, des retourneurs de veste. Des hommes, des vrais. D'ailleurs, regardez-les,  redresser la tête,  gonfler leur gorge, étirer leurs ergots dès que l'on met en doute leur façon de penser. Ils érigent des forteresses et nous regardent de loin. Nous ? Qui est ce nous ?  Il n'a pas encore de nom, ce nous, auquel je me sens pourtant appartenir. Ce nous qu'il faudra nommer avant que nos devenions leur vermine, celle qui pourrait empêcher le serpent de grandir.