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Les bleus de l'enfance parce que jouer peut-être dangereux.

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Il me semble épuiser mon langage à vouloir raconter ce qui se vit, si fragile et intense dans les ateliers d'écriture. J'épuise la sensation. Alors cette photo, prise ce matin à l'Atelier pédagogique personnalisé (App) avec ceux dont l'urgence est de trouver un boulot. Un travail pour faire tourner la boutique comme l'on disait dans le quartier de mon enfance, surtout en fin de mois. Et Lui qui me raconte l'attente d'une réponse pour un job : tailler la vigne. Quelques mots pour dire la solitude du tailleur dans sa rangée ou toute une parcelle. La journée longue et le froid surtout les jours de grand vent. Les gestes répétitifs et encore la solitude. Je pense au film Sans toit ni loi d'Agnès Varda tourné dans le département de l'Hérault, vers Vendargues, pas si loin d'ici.  Mona la zonarde et Hassoun l'ouvrier agricole, couple tendre et improbable d'un instant du film. Hassoun qui tournait son propre rôle et que Varda retrouva une dizaine d'années plus tard, elle le raconte dans le passionnant documentaire qui accompagne le film. Un film  qui décrit bien la rudesse de l'hiver dans les paysages du Sud. Là où le soleil semble éternel dans nos imaginaires.
Ce soir, ce rayon de soleil et la grande solitude des tailleurs de vigne suffisent à l'histoire des ateliers.