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Les bleus de l'enfance parce que jouer peut-être dangereux.

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Pour mes ateliers d'écriture au lycée professionnel (dit lycée des métiers) Fernand Léger de Bédarieux,  j'aime prendre l'entrée des ateliers. Entrer par la petite usine qui avec son récupérateur de copeaux , sa chaudière, ses alignements de maquettes de charpente (à l'échelle), ses élèves en blouse et le bruit des machines... me donnent le sentiment de pénétrer dans un lieu du travail plus que de l'apprentissage. L'atelier d'écriture se rend à l'usine...
Sauf que de méchantes rumeurs courent sur le regroupement des classes, le raccourcissement du temps d'apprentissage. Et tout cela viendra sûrement rogner sur les enseignements généralistes dont ils ont pourtant besoin. Je crois même qu'il est urgent de défendre (encore) l'idée que ceux des métiers manuels ont droit à l'histoire, à la littérature, à penser le monde comme dans les autres filières. Bien que ces apprentissages s'y réduisent aussi. Et je me souviens d'une jeune fille ayant choisi la couture (par passion), découvrit avec regret qu'elle n'aurait pas droit à des cours de philosophie.
Qu'il y ait des différences de tempérament, d'éducation entre les élèves des différentes filières, c'est évident, et heureux, mais leur rapport au langage, au dire le monde vient nourrir leur texte de manière très intéressante. Même si ça parle de routine. 
 
7h45 – Se faire réveiller par le surveillant. Se forcer. Se lever. Enfiler des habits. Se traîner. Sortir du préfabriqué. Déjeuner. Café. Sortir fumer. Quelques minutes avant la sonnerie. Écouter du reggae. Entrer en cours. 12 h – Self. Se nourrir. Manger. Retour en cours. 17h – Fin des cours. Fumer. Attendre. 17h30 – Pointer. Attendre. 19H - Manger. Attendre. 20h – Retour au préfabriqué. Lire. Se laver. Écouter de la musique. Dormir. Le cycle.     Loïc