[le site de Fabienne Swiatly ]

C'est l'ecchymose, douleur qui s'efface.

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Retour à Bédarieux - je finalise les photos, le site, les textes. Il fait gris. Les vacances ont dilué l'énergie du travail, une certaine distance entre moi et le projet. Se remettre en selle, expression toute faite, mais qui convient. J'aime ce travail de photos avec le cadre et l'ensemble produit son effet, il me semble. A voir ici sur le site de la résidence. Plus d'ateliers d'écriture, j'ai enfin le temps d'écrire pour moi. Un texte poétique à finaliser, celui de ma résidence à Saint-Claude où il me faut passer du texte à dire à un texte à lire, pas simple et un roman qui s'obstine : J'ai pas osé. Oui avec l'absence de négation que j'aborde ainsi dans le roman :

J’ai pas osé
J’ai vu de suite la faute de grammaire dans son texte et j’ai posé ma main sur son épaule, ce que je ne m’autorise jamais en classe ou toujours à regret : toucher un élève.
J’ai dit il faut écrire je n’ai pas osé. Il a regardé sa phrase, la tête penchée sur son cahier, du silence qui hésite et ma main sur son épaule qui reste :  ouais sauf que ç’est mieux comme ça.
J’ai compris ce qu’il voulait dire. Ça osait d’abord puis ça n’osait plus. Il m’arrivait aussi de résister à cette règ
le de grammaire qui donne trop d’emphase à certaines phrases.           
@dernièremiseàjourjeudi7janvier2010+obsessionusinesàlireici

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9 - Enfin la brume se dissipe. Il faut que j'aille faire des photos même si je dois repartir sur Lyon dans une heure. Et ma valise qui n'est pas faite, je dirais même qu'elle est totalement défaite. Cette capacité que j'ai à créer du désordre en un temps record. Toujours ce besoin du dedans dehors.

L'écriture a cela de merveilleux qu'elle met aussi mon dedans dehors mais de manière ordonnée.

Photos donc. Et toujours cet appareil dont je n'ai pas lu le mode d'emploi. Je fonction en mode automatique pour l'instant, mais quelque chose de gênant. Je suis habituée depuis plusieurs années à utiliser des petits numériques, celui-à avec son objectif pèse dans mes mains. D'ailleurs je prends, une fois sur deux, une photo penchée.

Lumière impeccable. Je prends à nouveau la cimenterie en photo. Avec pas mal de questions sur le choix du cadrage. Qu'est-ce que je veux photographier ? Une présence, d'accord. Mais esthétiser la vision ou la décontextualiser, c'est vouloir raconter quoi ? Je photographie l'usine comme une réminiscence de ma mémoire. Je ne photographie pas ce que je vois, mais je cherche à travers la photo à voir ce que ma mémoire ne parvient pas à dire. Sensation étrange. En tout cas, je passe un bon moment à tourner sur le terrain vague qui borde le bâtiment, on y construit des villas. Je pense au linge qui séchera dans la poussière de ciment.

Et ce que me dit A.D :

"La photo ne montre pas donc: elle donne un sac à la mémoire.
Comme avec les enfants, les plus jeunes. Pour leur faire prendre conscience de la matérialité de l'air, on les fait courir avec un sac en plastique qui se gonfle. Puis on capture, on palpe grâce au sac cet air qu'on ne peut voir. Voilà peut-être le rôle de certaines photos, de certains vers, de certaines phrases qui nous atteignent. Toucher ce qu'on ne voit pas."


Les ouvriers du bâtiment qui s'activent sur le toit, me regardent de temps en temps. J'hésite à leur faire signe. Une femme qui traîne sur les chantiers provoque de nombreux quiproquos. Je grimpe sur les buttes de terre, en quête d'un point de vue intéressant. Je m'écorche les mains aux chardons desséchés. Je glisse et me contorsionne douloureusement afin de protéger l'appareil photo. Puis je prends, saisis, grave l'usine. Celle de la cimenterie.

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11 - Un week-end dans la région de Port-Saint-Louis du Rhône et Fos-sur-mer en Carmargues. Tenter encore de prendre de l'usine en photo. Routes tristes qui éloignent plus qu'elles ne rapprochent. Arcelor Mittal s'impose dans le paysage. La même architecture massue, sombre, presque sans entrée que celle d'Amnéville. Enfant, je me demandais comment ils faisaient pour y entrer les travailleurs. Imaginant une antre rougeoyante qui s'ouvrait quand venait l'heure et se refermait derrière les trois fournées, celle du matin, de l'après-midi ou de la nuit. L'image d'un enfer. Il ne me serait pas venu à l'idée de m'en rapprocher. Et maintenant encore, cette difficulté à y voir de plus près. Ou bien me faut-il rester à la même distance que dans mon enfance pour en comprendre quelque chose ?

Ce week-end là, celui des morts, les nuages ont recouvert le paysage d'une lumière terne. Difficile de donner du contour à ce que je photographie. Je pourrais retoucher ensuite avec un logiciel, mais je ne maîtrise pas bien la technique des retouches. La crainte d'y perdre définitivement quelque chose. Je dois mettre dans le cadre ce que je ressens à l'instant où c'est pris. La quête du souvenir lointain qui s'inscrit dans le paysage d'aujourd'hui. C'est laborieux. C'est flou. Et m'oblige ici, à afficher quelque peu élogieuse pour la photographe.

Pourtant je ne dois pas me soustraire. Continuer à photographier ce qui se propose. Ce qui s'échappe. Ne pas inventer autre chose.

Mauvaise humeur devant l'ordinateur bien entendu. Ce n'est pas ça !

Heureusement, je retrouve en feuilletant mon carnet des mots dont j'ai oublié qui en est à l'origine mais qui surgissent à bonne escient : LA PERSEVERANCE DU CRABE.

C'est exactement, les mots qui conviennent à ces notes : marcher en crabe et persévérer.

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Une semaine sans internet cela fait du bien. Même si au retour, un peu d'impatience à lire mes messages et la même petite déception qu'à l'ouverture de la boite aux lettres. Rien de  bien intéressant ou si peu. D'ailleurs soi-même, on a peu écrit aux autres. Une semaine loin de ce qui fait le quotidien, à photographier. A me mesurer à la technique qui pèse pas mal de pages dans les modes d'emploi. Livrets qui vous parlent comme à un technicien et non pas à un être sensible. Du coup j'ai du mal à progresser mais je m'y attèle. Je travaille à un projet difficile à résumer mais qui se traduira par un journal écrit et une série de photos de nu (nue) avec comme entrées : lieu du crime, flagrant délit et autopsie. Des corps nus et crus. Je me donne une année pour le mener à bien et le donner ensuite à lire et à voir. L'usage de la photo d'Annie Ernaux et Marc Marie,  livre qui m'avait mis mal l'aise à la première lecture et que j'ai mieux compris presque un an plus tard, a été le déclencheur de ce travail que nous menons à deux. En attendant je photographie, me fait photographier et aussi je trie et je jette. Avec le numérique il faut savoir faire le deuil de certaines photos. Sinon on est débordé par le nombre. On se satisfait d'un résultat obtenu parfois par hasard, alors qu'il faut obtenir ce que l'on attend précisément. Il faut rester maître du sujet. Pas toujours facile. En tout cas ce travail me plaît beaucoup. Il m'amène à lire, relire les journaux et correspondance de peintres et photographes. Et à relire aussi l'imbuvable mode d'emploi de mon Sony. En me méfiant d'un vocabulaire qui s'inspire de l'argentique mais ne propose pas la même sensibilité. Parfois, comme tous les autodidactes, je rêve de tout reprendre à zéro. Un CAP photo par exemple. En d'autres temps, j'ai passé une équivalence de bac qui ne m'a servi à rien et rêvé d'études de lettres, de science du langage, histoire de l'art, etc. Apprendre avec d'autres. 

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Bien sûr que l'on a choisi d'être là comme auteure, comme écrivain qui se donne à lire, bien sûr que c'est fou, merveilleux, étonnant, déstabilisant et surtout pas banal de se retrouver devant un ou des lecteurs ou d'entendre son texte lu, joué, interprété, mis en scène. C'est une chance. Quoique le mot ne me convienne pas, car même si cela m'échappe, j'ai travaillé (créé) pour que cet instant ou événement existe. Je ne l'ai pas livré au hasard. Mais il y a parfois cette sensation, pour moi,  de devoir répondre à un modèle, une norme. D'être ce que l'on attend de moi en tant qu'auteure. Une auteure toujours avide de rencontrer son public (car ce n'est pas forcément le lectorat), stimulée d'emmener un groupe vers l'écriture, enthousiaste de restituer, de partager, insensible à la réalité des contrats signés ou pas, des frais remboursés ou pas. Puisque l'on a cette chance d'avoir été édité. Et il faut garder à distance le sentiment d'être à la hauteur du presque rien et de compter ses sous plus que l'on ne souhaiterait. Mais ce quelque chose qui boite en soi permet et nourrit l'écriture.
Ce doute, ce  fragile, ces dérapements, ces failles qui font la littérature, du moins la mienne, j'ai du mal à la laisser dans les coulisses de la rencontre publique. Car je doute constamment. Je doute grave comme dise les plus jeunes mais que l'expression me sied, là tout de suite. Je doute grave et  pourtant je fais. Mais de ne pas dire mieux ce doute me donne le  sentiment de tricher. 
Alors, le plus souvent, je m'accroche à mon projet secret. Un projet très éloigné de ce que l'on sait de moi. Depuis quelques mois un travail photo à deux. Je pose nue. Je me mets à nue et je suis photographié selon des contraintes que je définis, moi. Je confronte mon corps vieillissant à l'image numérique. Je ne le confronte pas n'importe où et n'importe comment, mais ce n'est pas l'heure de dévoiler.  Et ce projet loin de toute commande, de toute attente, me permet d'exister en tant que créatrice et non pas animatrice. Et c'est vitale - oui  vitale avec un e.
@nouvelltentativesonoreAhtuécris

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Période molle, même si on s'excite dans les magasins, dans le confus des papiers d'emballage,  dans le recevoir et le donner. Le pape qui s'écroule sous la pression d'une illuminée, les églises qui ferment leurs portes après la messe de minuit, les fous de Dieu qui pensent obtenir le paradis en tuant des humains, on oserait presque dire ainsi va la vie tant recevoir ces infos en continu finit par jalonner notre quotidien. Presque de la routine. C'est terrible, mais tellement semblable à hier, avant hier, à 2008, à 2009. On en oublierait de vieillir, de mourir puisque ce sont les autres qui meurent. Période molle, alors oui, sortir et faire des photos malgré le froid. Faire autre chose. S'appuyer sur la phrase de Pierre Soulages : ce que je fais qui m'apprend ce que je cherche. Marcher pieds nus dans les feuilles collées par la boue avec la ville pas loin. Moteurs de voitures, bruissements furtifs derrière un arbre nu, s'approprier un monde à soi ... Ne pas penser à demain et à tous les papiers cadeaux froissés que l'on enfoncera dans la bouche des poubelles. Que j'enfoncerai dans la gueule de ma poubelle. Noël a perdu son goût d'orange.

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Déplacement - le mot s'est imposé alors que je me rendais à Vénissieux en tramway. Ce nouveau mode de déplacement (justement) m'invitait à entrer dans la ville différemment. Elle semblait s'être rapprochée de Lyon. A ce moment-là, je ne savais pas encore que l'Espace Pandora me proposerait une résidence (elle devrait se dérouler de septembre 2010 à avril 2011, à raison d'une semaine par mois). Je ne savais pas, je regardais la ville et j'avais plaisir à m'y déplacer. Depuis le mot déplacement poursuit son chemin dans ma préparation pour cette résidence. Il y a tous les déplacements physiques que propose la ville et qui peuvent inscrire chacun de manière singulière dans l'environnement : qui est celui qui se déplace ? pourquoi se déplace-t-il et comment ? est-ce forcément rester sur place lorsqu'on ne se déplace pas ? Bien sûr l'idée des déplacements intérieurs offre aussi un champ d'exploration intéressant : décentrer son regard, s'obliger à penser différemment, sans oublier la diversité de la population vénissiane qui vient raconter son lot de déplacements de territoires.

Déplacement, un mot qui met en mouvement le corps et la pensée. D'ailleurs, ce matin comme il faisait beau (vent qui déplace les nuages et fait jouer la lumière), j'ai remonté à pied la ligne de tramway qui longe le quartier des Etats-Unis et débouche sur Vénissieux avec son Asia Market, Carrefour Géant et un désordre d'usines, de cheminées, de voies ferrées et petites maisons qui rappellent l'intense activité industrielle et artisanale de la ville (quelques images  visibles sur ma page Obsession Usine). J'y ai marché près de trois heures, un peu enivrée par la beauté de la lumière et la diversité des perspectives. Le résultat photo m'a déçu - savais-je exactement ce que je tentais de cadrer ? Une belle lumière est une alliée mais il manquait un regard. La résidence me donnera l'occasion d'y retourner. De m'y déplacer. Et de trouver ce que je ne cherche pas encore. 

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21 - Vénissieux. La lumière est là mais je vais trop vite. Dizaines de photos - pas vilaines mais quelque chose est absent. Suis déçue. Je photographie avec trop d'avidité. Mémoriser ce qui est émouvant, ne suffit pas à bâtir un travail photographique. J'ai mis dans la boîte. Y retourner et réfléchir à ce que je veux. Gratter le désir avec obstination. La balade fut agréable malgré tout. L'appareil m'a aidée à voir, à ne pas éparpiller mon regard, à préciser mon questionnement sur la ville de Vénissieux. Photos pour nourrir le carnet de route. 

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Nature morte. J'ai pensé cela en regardant la table que tu venais de quitter sans finir ton assiette. J'ai regardé ce qui restait devant moi. Tu avais envie d'être ailleurs, de te vivre ailleurs, c'est normal tu es si jeune. Je suis restée devant ton absence et j'ai pensé, on dirait une nature morte et j'ai été chercher l'appareil photo. Saisir cela : la banalité d'un repas du soir, même s'il y avait la volonté de cuisiner. Crevettes, nouilles chinoises, sauce citronnée. C'était bon. Mais tu avais autre chose à faire et... Pourquoi les mots de nature morte me sont-ils venus ?  Ce qui désigne en peinture, il me semble, des mets ou des fleurs sur une table comme oubliés, raisin, pommes, verres vides ou presque, un animal tué parfois... du périssable. Et mon incompréhension souvent devant de tels tableaux.  La photo saisit vite un telle composition, mais  un peintre doit se confronter longtemps à cette vision. Exercice d'observation ? Mortification ?  Nature morte. J'ai pris la photo. J'ai saisi cette nature morte et je l'ai mise en ligne, puis j'ai pensé  que peindre ou photographier une nature morte, c'est être affreusement en vie. Alors c'est quoi qui se meurt ?

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Invitée à une rencontre littéraire par l'association Des auteurs aux lecteurs, je passe un week-end à Marseille, ville qui m'attire et m'intimide. La violence du soleil, des bruits, du Mistral viennent dialoguer tout en contraste avec ma peau fragile et mes yeux clairs. Clichés contre clichés, à Marseille, je me sens foncièrement une fille de l'est. Deux jours dans la ville qui éveille de nombreuses questions en moi. J'aime sa force érotique. Exceptionnellement je ne tourne pas mon regard vers la mer, mais dans les quartiers au nord de la Canebière. Envie de prendre des photos. Je bannis la couleur de mes réglages, le ciel y imposerait trop de bleu, ce bleu du ciel que j'ai de plus en plus de mal à supporter dans les images numériques. Va-et-vient d'abord sur la Canebière. Je cherche à cerner la foule. Isoler une photo n'apporte pas un rendu intéressant, c'est le nombre qui fait l'intérêt. Trouver un montage sur un format A3 ou plus grand. J'aime ici ce visage tourné vers moi, qui suggère une histoire.  Dans le quartier qui longe le cours Julien, je prends en photos le haut des maisons, des rues. Je tiens l'appareil à bout de bras, ce qui me vaudra un mal de dos assez tenace pendant la nuit et quelques déceptions quand j'importerai les images sur mon ordinateur. Tant pis. J'en garde quelques unes pour mémoire, je devrais  retourner  à Marseille en septembre. Tenter une nouvelle fois la foule et les bouts de bras. 

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