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C'est l'ecchymose, douleur qui s'efface.

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Je n'ai lu que trois ou quatre livres de J.M.G Le Clézio, avec le souvenir d'être entraînée dans une rêverie qui rappelle ce moment, du juste avant de l'endormissement. C'est un auteur qui ne m'est pas familier, mais je connais très bien Le livre des fuites - ed Gallimard. Pas son livre le plus lu car il est constitué d'un ensemble de textes assez surprenants dans leur forme.

Si la quatrième de couverture précise que le personnage J.H.H (Jeune Homme Hogan) est vietnamien et que son voyage ou plutôt sa fuite va traverser Le Cambodge, le Japon ou en encore le Mexique, le récit laisse la précision des noms géographiques à distance. Le personnage semble collé à l'asphalte ou à la boue. Il observe un monde qui pourrait être celui de n'importe quel pays. Et le regard qu'il porte sur le monde fait écho à la tentative d'épuisement d'un lieu parisien de Georges Perec sur lequel a déjà rebondi Philippe de jonckheere. Sauf que le personnage semble vouloir s'épuiser en même temps que son environnment.

J'utilise souvent ce livre en atelier.

Ce jeudi encore, avec des élèves d'un lycée professionnel autour du thème : saisir le monde. Pour la première séance, j'avais besoin d'un texte qui scande. Avec des élèves, j'aime débuter avec des textes qui bousculent un peu la rythmique. Des textes qui offrent aussi des mécaniques d'écriture évidentes :

" Il y a beaucoup de bruits sur la terre, vraiment, il y a beaucoup de bruits. Les gens parlent, partout, sans arrêt, et j'entends monter de toutes les fissures, de toutes les rainures, de drôles de grognements, des nasillements, des abois suivis de petits cris d'oiseaux, des soupirs, des reniflements, des rots, des clapotements de langue, et des claquements de dents. C'est une volière immense qui jase et hurle sans se fatiguer, emplissant le dôme du ciel de son gaz. D'un bout à l'autre du monde, dans le ciel, dans le vent, sur l'eau, roulent les échos des paroles vaines. Le bruit s'élève, s'abaisse, déferle en vagues, racle, rampe, éclate en milliards d'explosions qui se succèdent à des millionièmes de seconde d'intervalle (...) Lettres qui fusent, montées brutales des flots de verbes, adjectifs, noms, propositions, chiffres. Flots de bave, de sang, flots d'humeurs et de gaz qui déboulent le barrage rompu..."

Il faut lire ce texte de sorte que l'énergie glisse jusqu'à la page des élèves. Transmettre la sensation d'un texte qui marche, qui s'écrit en se disant. Le livre offre bien d'autre propositions d'écriture qui peuvent nourrir trois ou quatre séances. Installer ainsi un livre, un auteur parmi nous. 

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Bibliothèque municipale de Saint-Claude

Ceux autour de la table, après lecture d'un extrait du Livre des fuites de Le Clézio, cette consigne d'écriture : J'entre dans Saint-Claude... choisir un trajet, le poursuivre jusqu'au bout, marcher ou rouler en voiture, à vélo... un trajet qui avance et saisit les bruits, les sensations dans le mouvement. Arrivé au bout du trajet, recommencer : j'entre dans Saint-Claude. L'extrait du Livre des fuites s'y prête bien... Donne le rythme.

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        Dix-huit carreaux, six fenêtres, une fiche d’écoute
        Les doigts touchent l’eau douce
        Enchantent le ciel
        Pourquoi ça m’énerve ?

       Ecole du Truchet - Classe d'Annick Basset

 

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Peut-on se lever chaque matin avec en soi ces tiraillements qui voudraient ou pas une frappe aérienne en Libye, qui voudraient ou pas la destitution de Laurent Gbagbo, qui voudraient ou pas la constitution d'un front républicain, qui voudraient ou pas que DSK se présente aux élections ? On ne peut pas toujours vivre avec le poids du monde sur ses épaules. Il faut bien respirer. Créer des espaces disponibles pour réfléchir. Se sentir en lien avec ce mystère qui chaque jour fait exister le monde malgré nos tourments. Revenir à hauteur d'un vol d'abeille ou le déplié d'une fleur. Je suis affamée d'horizon, d'air qui circule, d'avenir à inventer... Cette faim m'amène, le plus souvent, à ouvrir des livres. Souvent les mêmes. Lointain intérieur d'Henri Michaux et ces mots tout de suite que je lis : Je vous écris du bout du monde. Il faut que vous le sachiez. Souvent les arbres tremblent. On recueille les feuilles. Elles ont un nombre fou de nervures. Mais à quoi bon ? Plus rien entre elles et l'arbre, et nous nous dispersons gênées. Est-ce que la vie sur terre ne pourrait pas se poursuivre sans vent ? Ou faut-il  que tout tremble, toujours, toujours  ? 

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