[le site de Fabienne Swiatly ]

Le fond d'écran de l’ordinateur qui aspire.

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On emmène les filles à la maison de retraite. La vieille dame aime la présence des jeunes. Elle ne reconnaît pas vraiment ses petites-filles, ne sait plus nommer, mais sourit souvent. Ramène les mèches qui viennent se perdre sur leur visage : ne cache pas tes jolis yeux. On quitte la chambre pour le jardin, quelques pas vers le parc aux chèvres et à l'âne. On croise d'autres vieilles dames à la démarche lente. Peu d'hommes, ici. D'ailleurs je remarque que la dame au chignon est sortie sans son mari. Chaque semaine, dans le programme de la maison, il y a un ou deux noms sous la rubrique Au revoir. A l'abri sous la tonnelle, on boit une boisson du distributeur. On parle. Elle me serre la main. Les filles s'ennuient un peu. Les conversations sont difficiles avec qui perd la mémoire. Trois fois, elles ont dû répéter les études, le petit copain, les vacances. La vieille dame se nourrit de sensations, puis elle sourit encore et ira jusqu'à chanter alors qu'elle nous accompagne à la voiture. Il fait chaud, on s'embrasse. Ses bras maigres m'enlacent. Vous reviendrez  ? 

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trouvé dans catégorie : Obsession usine

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19 - Envie de voir la mer. Direction Vias, plage de la Farinette. Longueurs de rues aux magasins fermés, stores baissés, volets clos... Désert hivernal. C'est moche, triste, singulier. La plage est vide aussi, mais c'est bon d'avoir le lieu pour soi seule. Sur le retour je m'arrête vers une carrière basaltique Les roches bleues à Bessan. C'est impressionnant. Je me rapproche par un chemin de terre et ignore les appels de phares des nombreux camions qui tournent dans le secteur. Une femme seule au volant dans un tel lieu ne peut-être qu'une pute. J'ai l'habitude. Rien de bien méchant. Je descends, prends en photos le site. Le résultat me déçoit un peu, je n'ai pas le bon objectif pour ce type de photos. M'équiper mieux. M'encombrer un peu plus de matos, moi qui aime marcher les mains dans les poches. On verra. La ligne d'arbres sur la colline me rapelle un premier plan de Sans toit ni loi d'Agnès Varda. Ce film omniprésent depuis que je suis en résidence à Bédarieux. 

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trouvé dans catégorie : Les ateliers d'écriture

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Après les ateliers d'écriture, les répétions du spectacle A vos amours pour et avec le quartier du Terraillon à Bron (c'est le 19 juin, en même temps que le vide grenier). Beaucoup de monde, mélange d'âges, de cultures, d'origines... tentative du faire ensemble dans une friche d'usine qui bientôt sera logement. J'aime ça. Oh oui, j'aime cela, inventer notre présence. Je pense à Armand Gatty.

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Une nuit d'alerte pour ceux qui viennent chercher refuge en France. Ce sera le 31 juillet au théâtre romain de Fourvière à Lyon. Une soirée pour fêter le soixantième anniversaire de la Convention de Genève qui a servi de base à la protection internationale des réfugiés. Un livre regroupant une soixantaine de témoignages sera publié à cette occasion par Forum Réfugiés, j'ai en charge la mise en forme de chacun de ces témoignages. Tâche troublante car à chaque texte, c'est un homme ou une femme qui raconte la violence politique ou économique qui oblige à quitter son pays et aussi sa famille. Puis, le voyage avec le passeur. L'arrivée et le choc. Une autre langue, une autre culture, un autre climat. Dormir dans la rue, manger avec les autres sans domicile et la longue bataille pour obtenir, peut-être, un droit d'asile. Le plus frappant, c'est l'ennui qui en découle. Comment occuper ses journées lorsqu'on n'a pas le droit de travailler, lorsqu'il n'y a pas d'argent, lorsque le logement est une chambre qu'il faut quitter chaque matin ? Et je mets au propre une fois, deux fois, dix fois, soixante fois cette même histoire et pourtant si différente. Et quand des réfugiés chiliens, ceux de la dictature de Pinochet, dès 1973, racontent comment ils on été reçus à bras ouverts par les Français et combien leur histoire nous concernait, je ne peux croire que la crise économique soit la raison de notre indifférence  actuelle ?  La soirée porte le très beau titre de La nuit d'après.

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Un samedi à Tinqueux, salle des associations, Patrick Dubost se prépare à une session slam. Quelques heures plus tôt, nous avons lu à la Maison de la poésie avec de nombreux petits en face de nous. Enfants assez attentifs malgré leur jeune âge. Pour le slam, je me contenterai de photographier. Qui sera le public ? Les autres lecteurs ? Nous n'en savons rien. Je n'ose pas me lancer sans savoir, même si je trouve important que des écrivains, des poètes viennent mêler leur voix à celle des plus jeunes qui portent parfois un regard étroit sur la poésie contemporaine. Leur donner à entendre une oralité qui ne se limite pas à la voix râpeuse des banlieues. Et ce soir-là, ils seront surpris des trois lectures proposées par Patrick. Certains viendront discuter avec lui et peut-être que leurs prochains écrits garderont la trace de ce qu'ils viennent d'entendre. Si je n'ai pas tout aimé ce que j'ai entendu pendant la soirée, je suis ravie de constater que des jeunes, et quelques moins jeunes, viennent un samedi en fin d'après-midi partager leurs écrits. Alors c'est le cœur léger que nous avons pu, à la nuit tombante, rejoindre la grande place de Reims à dix minutes de Tinqueux et partager avec une foule nombreuse la grandiose mise en lumière de la cathédrale qui fête ses huit cents ans. Certaines journées sont précieusement populaires. 

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Deux mois et plus... Penser tous les jours au contenu, à la régularité, à la forme et le temps que ça prend. Martine Sonnet qui me le dit dans un mail : le temps donné au site qui est pris sur le temps de lecture.

Se sentir obligé et tant mieux, car il s'agit bien de creuser un sillon littéraire. Eviter le déversoir paresseux ou le narcissique gueuloir. Mais cela prend du temps ou plutôt de l'énergie. Chez moi, l'envie que la forme torde le contenu de mes textes. Que cela ouvre un espace de recherche. Mêler mieux l'image, les mots et le son. Se prendre au sérieux et se méfier de l'outil qui avale les mots à grande vitesse, archive mieux que le papier mais caresse immédiatement dans le sens de l'égo. Mise en forme propre et rapide qui donne le sentiment du fini, du bien léché très vite. Je saisis, je norme, je forme et le tour est joué. Ce qui a été écrit fait-il sens pour autant ?

Continuer tout de même. Quelque chose se cherche... Je cherche quelque chose. J'avance dans le blanc de l'écran.

Dernière mise à jour : lundi 17 novembre ici - même et Tentative sonore 4 ci-dessous. 

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 E  C  R  I  V  A  I  N    E  N     G  R  E  V  E

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 Tempête - Vent et pluie qui obligent à se concentrer. A se mettre au chaud devant l'ordinateur comme  devant l'âtre, en d'autres temps.

J'avais prévu de faire des photos à Saint-Claude, quelques friches industrielles repérées pendant d'autres balades, mais il me faut renoncer. Mon appareil  photo craint autant la pluie que moi. 

Depuis ce matin le vent secoue les fenêtres et je me sens traversée par un  texte que je ne parviens pas à commencer. Quelque chose voudrait s'écrire mais je suis méfiante. Je viens juste de clore un chantier Neuf scènes pas ordinaires de la vie d'une femme. Soixante pages archivées, mises  au rebut - Seul un texte-reliquat sur Remue.net  ici 

Pas facile d'abandonner un chantier - cela ira mieux quand je comprendrai pourquoi. Soixante pages représentent plusieurs dizaines d'heures de travail. Je voudrais recommencer autre chose mais comme une crainte. La peur de l'emphase et me reviennent les paroles de La Bruyère que j'avais proposées en lecture à l'atelier de la bibliothèque  « Pour dire : il pleut, dites  il pleut » et à qui Béatrice Beck aurait pu répondre  « Pas de mots plus grands que les choses ». Et je me sens  aujourd'hui avec des mots trop grands au bout des doigts. 

Une envie forte de retourner en lecture -  Le noir du ciel de Mary-Laure Zoss aux éditions suisses Empreintes qui m'attend à côté de l'ordinateur. Très envie de faire un article tant j'aime l'ambiance (à lire ici sur Poezibao). Le boueux des jours et des nuits avec le travail de la ferme. J'aimec ette poésie  qui cherche jusque dans l'ammoniaque des étables :

du dehors on ne voit rien, le tube en haut éclaire comme une toile de suie, un reste de lumière serrée entre les planches pour rendre sa clarté, Dieu ne vient pas jusque là, se tient de l'autre côté des arbres, même si c'est pas ce qu'on raconte, sous le noir constellé du ciel;

Et pour en revenir à l'essentiel de ma journée que je vais écrire au plus simple de la langue : il pleut !

Des nouvelles des ateliers en cliquant ici  

Dernière mise à jour vendredi 23 janvier 

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Et ceux qui quittent la table pour écrire ailleurs

Pas si nombreux. 

 

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Ecole du Faubourg - Classe de Philippe Vaneret

Et celui qui écrit :

J'habite cette rue où peu de personnes passent

Je l'aime on dirait qu'elle est toute triste

Moi je trouve cela magnifique

Elle m'éblouit, c'est ma rue. 

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Emmener un groupe d'adolescents dans un musée, pour une visite libre. Les emmener rien de plus simple du moment qu'on les arrache à leur table de classe, leur lycée. Tout est  bon à prendre  pourvu qu'il n'y ait pas cours. Ecole buissonnière. Pas un vrai défi pour l'adulte que de les faire adhérer à une sortie. Mais comment faire pour qu'ils se sentent concernés par ce qu'ils vont voir ? 
 Derrière nous trois séances d'atelier, de prises de notes, d'écriture, de lectures, d'échanges.  L'enseignante souligne que j'ai plusieurs fois répété qu'ils ne devaient pas laisser les autres mettre des mots à leur place dans leur bouche, dans leur tête ou dans leurs écrits.
Je souris.
Pendant le trajet, j'échange avec certains, pour en savoir plus sur leur quotidien. Pas facile, une grande méfiance de l'adulte et comme une absence de mots, justement. Une élève me dit être trop contente de voir autre chose que d'habitude. Je souris à nouveau.
Dans le musée, ils acceptent de se mettre devant un tableau et de le décrire jusqu'à épuisement. A l'arrivée un texte pas forcément intéressant en l'état, mais un moyen de se concentrer sur ce qu'ils voient. Et eux de s'étonner des épaisseurs de peinture, des différents niveaux de lectures, de détails qui apparaissent dans le tumulte des couleurs.  Ils posent beaucoup de questions. L'une écrit : des peintres qui travaillent à l'arrache, d'autres qui veulent tout mesurer, cadrer. Besoin de cadrer les choses.
Et dans le groupe toujours un ou une élève qui découvre le plaisir de l'énumération. Ne veut plus s'arrêter. S'étonne de pouvoir remplir aussi facilement plusieurs pages de carnets. Le plaisir de remplir, de mettre du noir sur du blanc, de se relire. 
Les mots de Georges Perec me reviennent comme une évidence :  Au départ tout semble simple, je voulais écrire, et j’ai écrit. A force d’écrire, je suis devenu écrivain.
Le Musée des beaux arts de l'Abbaye a ouvert ses portes, il y a peu. C'est un endroit très beau qui attrape la lumière avec douceur même les jours gris. De grandes fenêtres s'ouvrent sur la ville de Saint-Claude et le paysage. Je m'y sens bien, les élèves aussi. La gardienne se mêle au groupe, donne des précisions sur les  peintures, les artistes. 
Pendant 1h30, ils vont noter ainsi. Sans chahuter. Puis c'est à même le sol du cloître de l'Abbaye, entourés de fresques du XIVème, d'ossements de moines, de phrases latines que nous lisons nos notes dont cette phrase que j'ai eu le temps de noter à mon tour : quelque chose ressort des tableaux. On dirait que quelqu'un vient nous parler à l'oreille.
Je souris encore.  
Dernière mise à jour le vendredi 6 février 2009  et lire aussi sur Gandrange ici
 

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    Le ciel gris
    Des élèves gloussent
    L’odeur de l’eau
    L’ondée pluinote
    sur la rue des Lapidaires

         Loin la richesse

    Ecole du centre - Classe de Franck Henriot   

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